REPORTAGE-"Place to B", envers alternatif de la COP21

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    par Myriam Rivet 
    PARIS, 9 décembre (Reuters) - A deux pas de la gare du Nord, 
à Paris, un lieu temporaire veut constituer une caisse de 
résonance d'un nouveau genre sur les enjeux environnementaux, 
parallèlement à la conférence sur le climat qui se déroule au 
Bourget, à une dizaine de kilomètres. 
    Baptisé "Place to B", cet espace éphémère où règne une 
ambiance à la fois studieuse et frénétique réunit militants, 
blogueurs et journalistes indépendants venus du monde entier, 
dans un bar-restaurant et l'auberge de jeunesse attenante, 
reconvertis en centre de presse alternatif le temps de la COP21. 
    Le but est de "décloisonner l'écologie, de la raconter 
autrement, en réexpliquant les choses plus simplement", résume 
Anne-Sophie Novel, blogueuse-journaliste à l'origine du projet.  
    Au coeur de la dynamique lancée par cette économiste de 
formation, l'idée d'un renouvellement de la communication sur le 
sujet pour parvenir à mobiliser durablement l'opinion publique, 
en évitant discours anxiogènes, jargon et catastrophisme.  
    Place to B, qui se décrit comme un "collectif de narrateurs 
pour le climat" a pris ses quartiers dans le nord parisien le 28 
novembre, à la veille des premières réunions de la COP21. 
    Au rez-de-chaussée du bâtiment, sous une grande verrière, 
des espaces de travail partagé se répartissent autour du bar 
dont la carte a été repensée en mode bio, équitable et durable. 
    Les locaux abritent également un studio radio et un plateau 
de télévision où est tournée une émission quotidienne ouverte au 
public et retransmise en streaming. Dans les étages, près de 600 
personnes logent dans l'auberge de jeunesse. 
    Cette communauté, entre ruche et melting-pot, vit et 
travaille sur un mode participatif, collectif et connecté, au 
rythme des ateliers, débats et concerts proposés chaque jour. 
     
    NOUVELLE COMMUNICATION  
    En résulte une production pléthorique de contenus, générés à 
la fois par l'équipe Place to B et les "COPilotes" ayant investi 
le lieu. Vidéos, podcasts, articles font le point sur les 
négociations du Bourget et relaient les manifestations 
artistiques et culturelles organisées parallèlement à la COP21. 
    "Ce flot, ce flux, ça fait partie de l'identité du projet, 
qui expérimente de nouvelles formes de transmission", 
explique Flora Clodic, qui gère la diffusion des contributions 
sur le site internet, les blogs et les réseaux sociaux. 
    Au-delà de la production d'information, Place to B propose 
aussi un espace de réflexion pour tenter d'imaginer de nouveaux 
concepts de communication sur le changement climatique.  
   "Le moteur a calé et il faut redémarrer", estime David 
Holyoake, un des responsable de cet incubateur d'idées. 
   Pour concrétiser l'initiative Place to B, dont l'idée a germé 
en février 2014 et qui a nécessité un budget de près de 800.000 
euros, les organisateurs ont pu compter sur une série de 
partenaires, parmi lesquels la mairie de Paris, la région 
Île-de-France ou encore Orange  ORAN.PA  et la SNCF. 
    Ce projet, porté par une équipe d'une quarantaine de 
personnes soutenue par 180 bénévoles âgés de 18 à 72 ans, a 
généré une dynamique dont l'ampleur a dépassé les attentes. 
    "Cette forme d'activisme, qui s'exprime autrement qu'en 
levant le poing, pousse d'une belle manière", se réjouit 
Anne-Sophie Novel. 
    Et cette plate-forme éphémère, qui devrait avoir drainé 
autour de 2.000 personnes en deux semaines, a vocation à être 
davantage qu'une parenthèse. Le dernier chapitre de cette 
aventure participative, le 12 décembre, a donc été 
intitulé "B-ginning" (de beginning, commencement en anglais). 
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 

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