REPORTAGE-La touche française des démineurs irakiens contre l'EI

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    * En dix mois, 1.700 soldats irakiens formés par Paris 
    * Au total, 15.000 formés par la coalition internationale 
    * Les IED, armes de prédilection de l'EI 
 
    par Marine Pennetier 
    SUR UNE BASE MILITAIRE AUX EMIRATS ARABES UNIS, 3 janvier 
(Reuters) - A Ramadi, ville tombée sous la coupe du groupe Etat 
islamique en mai et reconquise lundi dernier par l'armée 
irakienne, on parle désormais de "maisons IED", du nom de ces 
engins explosifs improvisés qui font des ravages dans les rangs 
des forces irakiennes. 
    "Entrée, cuisine, frigos, salle à manger" : les combattants 
de l'organisation djihadiste truffent régulièrement d'explosifs 
artisanaux les lieux qu'ils sont contraints de quitter et Ramadi 
n'a pas fait exception à la règle, raconte l'adjudant-chef 
Mikhail de la 13e demi-brigade de Légion étrangère (DBLE). 
    Un détachement de ce régiment français basé aux Emirats 
arabes unis forme depuis février des stagiaires de l'Iraki 
Counter Terrorism Service (ICTS), une unité d'élite, au 
déminage, à la gestion des attentats-suicides ainsi qu'au 
secourisme de combat et leur dispense également des instructions 
sur le tir et l'armement. 
    Tous les quatre mois, une trentaine de légionnaires 
rejoignent ainsi l'académie de l'ICTS, à Bagdad, pour assurer 
des formations qui peuvent durer de quinze jours à huit 
semaines. 
    "Les IED sont le problème le plus important que les Irakiens 
rencontrent sur le terrain et c'est un domaine dans lequel ils 
ne sont pas forts", souligne le lieutenant colonel Enguerrand, 
qui s'est rendu à Bagdad l'été dernier. 
    Pendant la formation, dispensée en arabe et en anglais, "on 
met à disposition tous les pièges qui sont utilisés actuellement 
par Daech et on leur apprend entre autres à réagir et à investir 
un appartement qui pourrait être piégé". 
    "Avec leur retour d'expérience et la mort de leurs 
camarades, ils trouvent des techniques et notre aide leur permet 
de se mettre à niveau". 
     
    "FRENCH TOUCH" 
    Depuis dix mois, la DBLE, épaulée par des spécialistes du 
génie, s'est occupée de 1.700 des 15.000 militaires irakiens 
formés par la coalition contre l'Etat islamique. Et, sur le 
terrain, les résultats commencent à se faire sentir, 
souligne-t-on côté français. 
    "Lors du début de la reprise de Ramadi, sur les trois 
premiers jours, ils (les Irakiens) ont rencontré 62 IED et ils 
n'ont eu que quatre blessés, ce qui est remarquable par rapport 
aux tristes bilans qu'ils avaient pu avoir sur d'autres 
opérations", souligne le lieutenant colonel Enguerrand. 
    "Il y a six mois, on aurait eu 60 morts" dans cette 
situation, renchérit l'adjudant-chef Mikhail. "Notre plus grand 
satisfecit, c'est de voir maintenant comment ils 'checkent' les 
maisons, comment ils cherchent les IED, comment ils prennent les 
bons réflexes". 
    L'armée irakienne a subi de lourdes pertes à l'été 2014 et 
les premiers soldats formés par la France en février de cette 
année étaient des jeunes entre 25 et 26 ans assez peu 
expérimentés, souligne le major infirmier Emmanuel. 
    Si la France n'est pas la seule à apporter son aide à 
l'armée irakienne et aux combattants kurdes et reste loin 
derrière les Etats-Unis qui fournissent le plus gros contingent 
d'instructeurs, elle est la seule à s'immerger complètement au 
sein de l'ICTS, fait-on valoir à la DBLE. 
    "La French touch, c'est qu'on est le seul détachement à 
vivre avec eux. On est complètement immergé au sein de l'ICTS, 
on habite avec eux, on mange avec eux, on dort au même endroit", 
souligne le lieutenant colonel Enguerrand. 
    Quant à la touche légion étrangère, c'est un "plus". "Quand 
on fait l'instruction pour des étrangers et qu'on vient de la 
légion étrangère, on a forcément des facilités au niveau 
pédagogique à enseigner à des gens qui ne partagent pas le même 
langage que nous. C'est quelque chose qui est très apprécié". 
 
 (Edité par Simon Carraud) 
 
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