REPORTAGE-Inquiétudes après l'élection d'un maire serbe à Srebrenica

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    SREBRENICA, Bosnie,18 octobre (Reuters) - Les autorités 
bosniaques ont confirmé lundi l'élection du serbe Mladen 
Grujicic au poste de maire de Srebrenica, ville martyre de la 
guerre en Bosnie où 8.000 Musulmans, hommes et adolescents, ont 
été tués par des séparatistes bosno-serbes.  
    Pour les familles des victimes, l'élection de Mladen 
Grujicic, un nationaliste qui refuse contre l'avis de la justice 
internationale le qualificatif de "génocide" pour le massacre de 
Srebrenica, est le signe que la campagne de purification 
ethnique a atteint ses objectifs. 
    La ville était dirigée par des élus bosniaques musulmans 
depuis 1999. 
    A la tête d'une associations de survivants, Hatidza 
Mehmedovic est l'une des premières de la communauté musulmane de 
Bosnie-Herzégovine à être revenue à la fin de la guerre, 
soucieuse d'être proche de la tombe de son mari et ses deux 
fils, tués dans le massacre. 
    "Tout à Srebrenica est serbe : la terre, les champs, les 
groupes publics", déclare-t-elle, regrettant l'échec de la 
diplomatie occidentale à préserver la diversité ethnique qui 
caractérisait la Bosnie avant le début de la guerre en 1992. 
    Signés le 14 décembre 1995, les accords de Dayton, qui ont 
mis fin aux combats inter ethniques, ont instauré un 
gouvernement fédéral ménageant la mosaïque ethnique du pays. 
    Le processus de décentralisation en trois cantons autonomes 
a cependant consacré les lignes ethniques dessinées par les 
forces croates et serbes, jugent ses détracteurs. La grande 
région bosniaque du pays est la Fédération de 
Bosnie-et-Herzégovine. 
    Srebrenica, qui comptait avant la guerre une majorité de 
Musulmans, est passée en vertu du traité dans le giron de la 
République serbe de Bosnie. Ses 7.500 habitants sont désormais 
serbes à 55%, et bosniaques musulmans à 45%. 
    Le nouvel élu a fait campagne en réclamant la fin des 
discriminations contre les Serbes de Srebrenica, estimant en 
outre que la Cour pénale internationale de La Haye n'avait 
jamais apporté la preuve de la qualification de génocide. 
    "Quand ils prouveront que c'est la vérité, je serais le 
premier à l'accepter", a-t-il déclaré. 
    Son rival électoral, le bosniaque Camil Durakovic, a promis 
de constester le résultat de l'élection, la jugeant "truquée". 
    Zulfo Salihovic, un responsable politique bosniaque local, 
s'inquiète pour le futur: "Nous craignons que les Bosniaques et 
d'autres citoyens qui pensent différemment des dirigeants des 
parti nationalistes serbes soient humiliés, harcelés ou fassent 
l'objet de discriminations", dit-il. 
    Au début de la vague de retours bosniaques dans la ville, 
pour l'essentiel des femmes en deuil, en 2000, la communauté 
internationale leur avait promis protection. Aujourd'hui, nombre 
d'entre elles craignent d'être à nouveau chassées. 
    Le massacre de Srebrenica, alors une "zone de sécurité" sous 
protection théorique de l'Onu, a déclenché des frappes aériennes 
occidentales sur les forces serbes, qui ont conduit à la fin du 
conflit en 1995. 
    L'ancien dirigeant bosno-serbe Radovan Karadzic a été 
reconnu coupable du chef d'accusation de génocide pour le 
massacre de juillet 1995 à Srebrenica, par le Tribunal pénal 
international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY). Il a fait appel en 
juillet de sa condamnation.  
     
 
 (Daria Sito-Sucic; Julie Carriat pour le service français) 
 
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