REPORTAGE-En France, vers un climat plus si tempéré que ça

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    * Une accélération de la montée des températures et des mers 
    * Des risques de submersion des zones côtières accrus 
 
    par Emmanuel Jarry 
    TOULOUSE, 26 novembre (Reuters) - Dans la salle de 1.000 m2 
où le système de refroidissement d'un des supercalculateurs de 
Météo France vrombit, au coeur de la Météopole de Toulouse, 
toute la mémoire climatique de la France repose sous forme 
numérique dans des baies de stockage. 
    Un patrimoine si précieux que des copies de sauvegarde sont 
conservées ailleurs. Disposer de séries d'observations fiables 
sur 100 ou même 150 ans est indispensable pour comprendre 
l'évolution du climat et "caler" les modèles de simulation 
utilisés par les chercheurs de Météo France. 
    Ce centre est un des 23 organismes de recherche de ce type 
qui participent aux travaux du Groupe intergouvernemental 
d'experts sur l'évolution du climat (GIEC), dont les résultats 
alarmants sont au coeur des enjeux de la conférence de Paris sur 
le réchauffement climatique.  ID:nL8N13J3O9  et  ID:nL8N13J1BF  
    La puissance de calcul de "Beaufix", le supercalculateur 
Bull  ATOS.PA  de la Météopole, et de son jumeau "Prolix", 
installé sur un autre site des environs de Toulouse, sera 
triplée en 2016 pour des simulations plus précises. 
    Météo France consacre 15% de ses moyens de calcul à la 
recherche climatique. Et les données passées, archivées à 
Toulouse confirment, que la France n'est pas épargnée par le 
réchauffement de la planète. 
    Ainsi, la température a augmenté en moyenne de 0,7°C pendant 
le XXe siècle dans le nord-est de la France et de plus de 1,1°C 
sans le sud-ouest. L'année 2014 a été la plus chaude depuis le 
début du XXe siècle, avec un écart de +1,9°C par rapport à la 
moyenne de la période 1961-1990. 
    Pendant la période 1950-2000, le nombre de journées pendant 
lesquelles la température dépasse 25°C a augmenté tous les dix 
ans de quatre jours à Paris et de plus de cinq jours à Toulouse. 
    "Les changements du climat sont très difficiles à percevoir 
mais, en regardant les statistiques, on s'aperçoit qu'il y a eu 
des périodes de basculement et d'accélération en France dans les 
années 1980", explique Serge Planton, chef du département de 
recherche sur le climat de Météo France, collaborateur du GIEC. 
     
    LA MER CONTINUERA À MONTER 
    "On découvre que l'intensité des pluies et la durée des 
sécheresses ont augmenté sur les 15 dernières années", 
poursuit-il. "Il y a une accélération de la fonte des glaciers à 
partir des années 1980. On a une augmentation très nette du 
nombre de vagues de chaleur et, depuis les années 1960, une 
diminution d'un mois de la période d'enneigement." 
    Dans l'agriculture, le réchauffement du climat a surtout eu 
pour effet jusqu'ici en France l'avancement de la date des 
récoltes et des semis de plusieurs semaines et la survie de 
vecteurs de maladie en raison des hivers plus doux. 
    La chenille processionnaire du pin, très allergène, qui ne 
se trouvait qu'au sud de la Loire jusque dans les années 1970, 
est désormais aux portes de Paris.  
    Les conséquences du réchauffement global de la planète se 
font également sentir sur les côtes françaises, note le Bureau 
de recherches géologiques et minières (BRGM). 
    "On constate actuellement une accélération de l'augmentation 
du niveau de la mer due au changement climatique", dit le BRGM 
dans un rapport. "Alors qu'il montait au XXe siècle au rythme de 
1,7 mm par an, le niveau augmente désormais de 3,2 mm par an." 
    Le relèvement du niveau de la mer d'une vingtaine de 
centimètres depuis 1870 se traduit déjà par un risque accru 
d'érosion des côtes et de submersions temporaires. 
    Or, même si l'humanité parvenait à contenir le réchauffement 
de la planète sous la barre des 2°C à la fin de ce siècle, la 
fonte des glaces et la montée du niveau des mers se poursuivra 
bien au-delà de 2100, avec un risque accru de submersion des 
zones côtières en cas de tempête de type Xynthia (février 2010). 
    "Les plans de prévention des risques prennent déjà en compte 
l'élévation inévitable du niveau de la mer", souligne Goneri Le 
Cozannet, ingénieur du BRGM.  
    Mais au-delà d'un réchauffement de 2°C, l'adaptation aux 
effets du réchauffement climatique sera de plus en plus 
difficile, avec notamment le risque de voir la canicule de 2003, 
cause d'une surmortalité estimée à 15.000 personnes et d'une 
forte baisse des rendements agricoles, devenir la norme.     
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 

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  • M999141 le jeudi 26 nov 2015 à 12:16

    Pourquoi avoir licencié le présentateur météo de fr2 parce qu'il osait émettre des doute sur les travaux du GIEC ?Quand on est sûr de ses analyses, on ne refuse pas la contradiction