REPORTAGE-Des familles terrifiées émergent des décombres de Ramadi en Irak

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    RAMADI, Irak, 1er janvier (Reuters) - Des familles 
terrifiées agitent un drapeau blanc en sortant des décombres de 
leur maison à Ramadi, que les troupes gouvernementales 
sillonnent à la recherche de membres du groupe Etat islamique 
retranchés dans la ville.  
    Alors qu'une colonne de blindés des forces régulières 
progresse à travers les ruines, une vieille femme surgit d'une 
maison en tenant un bâton auquel est accroché un tissu blanc. 
Puis viennent des enfants, une femme blessée transportée dans 
une brouette et des hommes qui portent de jeunes enfants dans 
les bras. Des explosions retentissent dans le lointain.  
    "Ils (l'Etat islamique) ne sont pas des musulmans, ce sont 
des bêtes", déclare l'un des hommes à un caméraman de Reuters TV 
qui a pu accompagner cette patrouille. "Nous remercions les 
forces de séécurité, des soldats aux généraux. Ils nous ont 
sauvés", dit-il avant de s'effondrer en larmes.  
    Un autre homme l'affirme: les combattants islamistes ont tué 
sept personnes qui refusaient de les suivre dans un autre 
quartier qu'ils voulaient transformer en poche de résistance.  
    Selon le commandant de l'armée irakienne Salam Hussein, 52 
familles, que les membres de l'EI utilisent comme boucliers 
humains, ont pu être jusqu'ici secourues dans la ville, dont 
l'armée a repris le centre il y a cinq jours.  
    Cette reconquête de Ramadi, que l'EI avait prise en mai 
dernier, est de loin la plus importante victoire pour l'armée 
régulière en dix-huit mois d'affrontements face au groupe armé, 
qui a pris un tiers du territoire irakien en 2014.  
    Un autre officier, joint par téléphone, explique que les 
forces de sécurité invitent par haut-parleurs les civils à 
s'avancer vers les troupes qui progressent, avant de demander à 
la coalition conduite par les Etats-Unis des frappes aériennes 
sur les blocs d'habitations encore contrôlés par les 
djihadistes.  
    Cette présence des civils ralentit la progression des 
troupes en direction de l'est, à partir du quartier central 
capturé dimanche, là où se situe le siège du gouvernement de la 
province de l'Anbar, dont Ramadi est le chef-lieu.  
    "Les avions de combat ne frappent aucun objectif dans le 
centre de Ramadi à moins d'être sûrs qu'il n'y a pas de civils à 
proximité", assure cet officier.  
    Le chef de la police provinciale, Hadi Rizaiyj, ajoute que 
les policiers interrogent les hommes qui sont restés à Ramadi 
pour tenter de déterminer s'ils ont des liens avec l'EI. 
    "Les forces antiterroristes libèrent les civils en détresse 
et les remettent entre les mains de la police provinciale de 
l'Anbar. La police a les noms des personnes recherchées", 
explique le policier.  
    "Si nous pouvons prouver qu'un civil a un frère qui combat 
avec Daech (acronyme arabe de l'EI) et qu'il l'a aidé en lui 
fournissant par exemple des informations, alors nous le gardons 
avec nous" pour le remettre ensuite à la justice qui le 
poursuivra pour terrorisme, ajoute-t-il.  
     
     
 
 (Maher Chmaytelli; Jean-Stéphane Brosse pour le service 
français) 
 
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