REPORTAGE-A la frontière macédonienne, une jeune migrante en fauteuil attend

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    par Yannis Behrakis 
    IDOMENI, Grèce, 27 février (Reuters) - Devant des grilles 
fermées, une jeune fille de 17 ans en fauteuil roulant, Zhino 
Hassan, attend avec ses parents que la Macédoine rouvre sa 
frontière avec la Grèce pour continuer son périple jusqu'en 
Allemagne. 
    Son père, Sarkaout, l'a poussée jusqu'à cet endroit vendredi 
matin à l'aube, espérant s'assurer une place dans la file si 
jamais la frontière entre la Grèce et la Macédoine, située dans 
le village d'Idomeni rouvrait dans la localité d'Idomeni. 
    La famille Hassan, des Kurdes irakiens venus de Kirkouk, 
fait partie des quelque 20.000 réfugiés pris au piège en Grèce 
après la fermeture de plusieurs frontières sur la route des 
Balkans empruntée par les migrants pour rejoindre des pays 
européens plus riches. 
    "Nous voulons aller en Allemagne", dit Sarkaout Hassan, 46 
ans, arrivé en Europe il y a huit jours via l'île de Lesbos. 
    Attachée à son fauteuil roulant, sans chaussures, Zhino est 
handicapée et incapable de parler. Quand la pluie a commencé à 
tomber, les membres de sa famille l'ont couverte de sacs en 
plastique pour la protéger. 
    Penchée d'un côté, un pull à capuche noir couvrant la moitié 
de son visage, la jeune fille est restée toute la journée devant 
un portail en acier surmonté de fils barbelés. De temps en 
temps, son père a demandé aux policiers macédoniens de l'autre 
côté d'ouvrir les portes, sans obtenir de réponse. 
    "Je supplie Ban Ki-moon (secrétaire général des Nations 
unies) de nous aider; je supplie l'Union européenne d'ouvrir les 
frontières", dit-il. "Ma fille a besoin d'aide. Je ne sais pas 
quoi faire." 
    Les chefs de la police de Slovénie, d'Autriche, de 
Macédoine, de Serbie et de Croatie ont décidé vendredi de 
limiter à environ 580 par jour le nombre de migrants autorisés à 
transiter par leurs territoires, au lendemain d'une réunion 
convoquée par l'Autriche.   
    Athènes, qui n'avait pas été invitée à Vienne, a vivement 
réagi, et a demandé vendredi aux compagnies maritimes et aux 
agences de voyage de réduire le transport de réfugiés entre les 
îles et le continent afin d'endiguer l'afflux de migrants. 
    Vendredi, on dénombrait environ 3.000 migrants dans la 
localité d'Idomeni, et plusieurs centaines d'autres étaient en 
route vers la frontière de la Macédoine. 
    La Macédoine a fait savoir qu'elle n'autoriserait que les 
ressortissants syriens et irakiens à entrer sur son sol. Selon 
des témoins, les ressortissants afghans y sont refoulés. 
  
 
 (Julie Carriat pour le service français, édité par Danielle 
Rouquié) 
 
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