Report de la décision sur l'évacuation de la "jungle" de Calais

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PAS DE DÉCISION CE MARDI SUR L'ARRÊTÉ D'EXPULSION DANS LA "JUNGLE" DE CALAIS
PAS DE DÉCISION CE MARDI SUR L'ARRÊTÉ D'EXPULSION DANS LA "JUNGLE" DE CALAIS

LILLE (Reuters) - Le tribunal administratif de Lille a mis mardi en délibéré sa décision sur un référé déposé par huit associations contre l'arrêté d'expulsion de la partie Sud de la "jungle" de Calais, prévue mercredi, où se massent de nombreux migrants.

"Il n'y aura pas de décision aujourd'hui", a déclaré la présidente du tribunal, Valérie Quemener, qui s'est rendue sur place dans la matinée pour se rendre compte de la situation. "Le temps de la justice n'est pas le temps médiatique."

Les associations affirment que l'opération a été décidée sans proposer des solutions alternatives suffisantes et soulignent que le nombre de migrants concernés par l'évacuation, de l'ordre d'un millier selon l'Etat, est en réalité plus de trois fois plus élevé.

Manuel Valls a assuré mardi que l'évacuation prendrait "le temps nécessaire" pour apporter une "réponse humanitaire" aux migrants en quête d'un passage vers la Grande-Bretagne.

"Nous sommes en train d'évacuer, avec méthode, avec le temps nécessaire, ces campements parce que nous ne pouvons pas accepter les conditions terribles dans lesquelles vivent ces migrants qui sont indignes", a dit le Premier ministre sur RTL.

"Nous sommes en train de créer les conditions d'une mise en place d'abris solides, à l'épreuve des intempéries, et 1.200 personnes y ont déjà été accueillies", a-t-il précisé.

"Il faut apporter une réponse humanitaire à cette situation de Calais ou à Grande Synthe (Nord) en mettant à l'abri ces personnes dans des conditions humaines", a dit Manuel Valls.

Invitée d'Europe 1, la préfète du Nord-Pas-de-Calais, Fabienne Buccio, a écarté, a priori, le recours à la force pour l'évacuation.

"Ce n’est pas parce qu’il y a un arrêté d’évacuation que la force publique va être employée", a-t-elle affirmé. "Si chacun joue le jeu, il n'y a pas de raison que nous utilisions la force publique."

"Il y a quelques mois, nous avions été condamnés par à peu près les même associations parce que justement, nous laissions vivre des personnes dans des conditions indignes", a-t-elle dit.

"L’Etat s’est mis en position de répondre", a-t-elle ajouté en évoquant la création de 1.500 places d'hébergement dans des conteneurs. 

(Matthias Blamont, avec Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)

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