Réponses rapides du gouvernement sur l'économie "collaborative"

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 (Actualisé avec communiqué de Matignon) 
    PARIS, 8 février (Reuters) - Le gouvernement présentera dans 
les prochaines semaines les moyens par lesquels il compte 
améliorer l'équilibre entre les économies "collaborative" et 
traditionnelle, ont annoncé lundi les services du Premier 
ministre, après la remise d'un rapport. 
    La coexistence parfois difficile entre ce secteur en plein 
développement et les activités traditionnelles est illustrée par 
le conflit entre les taxis et la société Uber ou par les 
inquiétudes du monde de l'hôtellerie. 
    "Le gouvernement va s'engager dans une démarche pragmatique 
pour conforter les usages collaboratifs des Français tout en 
assurant une égalité de traitement entre acteurs", lit-on dans 
un communiqué de Matignon. "C'est cet équilibre que l'Etat doit 
mettre en place : une régulation sans surrèglementation." 
    Un travail avec les plateformes va être engagé pour évaluer 
les pratiques et "permettre aux Français de simuler clairement 
leurs obligations et leurs droits", poursuit le texte, ajoutant 
que des moyens de notation des plateformes seront étudiés. 
    Les propositions du député socialiste Pascal Terrasse, 
remises lundi à Manuel Valls, ont été plutôt bien accueillies 
par des acteurs et plateformes internet concernés.     
    Pascal Terrasse propose 19 pistes pour organiser cette 
cohabitation  , dont l'obligation pour les 
plateformes de mise en relation des fournisseurs et utilisateurs 
de biens et services de transmettre aux administrations fiscale 
et sociales le montant des transactions. 
    Une proposition qualifiée d'"avancée majeure" par le 
Groupement national des indépendants de l'hôtellerie et de la 
restauration (GNI) mais dont l'accueil par d'autres acteurs de 
l'économie collaborative est plus mitigé. 
    Marion Carrette, présidente et fondatrice de Ouicar, site 
spécialisé dans la location de véhicules de particulier à 
particulier (30.000 voitures dans toute la France, 600.000 
membres) juge pour sa part très compliqué sa mise en oeuvre. 
    "Ça risque de créer des disparités entre les plateformes", 
a-t-elle déclaré à Reuters. "Pour moi, la vraie question, c'est 
de savoir quand un particulier devient un professionnel. M. 
Terrasse pose la question mais n'y répond pas." 
    "C'est une bonne chose que le gouvernement se préoccupe de 
ce sujet mais cela mériterait des solutions pratiques." 
    La plateforme "Le Bon Coin" salue quant à elle la volonté de 
distinguer les professionnels et les particuliers, "condition 
nécessaire pour une économie collaborative juste et apaisée". 
    Mais elle assure dans un communiqué ne pas avoir 
connaissance du montant des sommes échangées, en tant que 
plateforme de mise en relation sans intervention sur les 
transactions ni commission. 
 
 (Emmanuel Jarry, avec Jean-Baptiste Vey, édité par Yves 
Clarisse) 
 
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