Réouverture d'une enquête sur une prison de la CIA en Lituanie

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VILNIUS, 2 avril (Reuters) - Le parquet de Lituanie a décidé de rouvrir une enquête pénale sur le soutien que des responsables lituaniens auraient fourni à la CIA dans la gestion d'une prison secrète utilisée par l'agence pour interroger des islamistes présumés après les attentats du 11 septembre 2001. L'enquête avait été abandonnée il y a quatre ans mais le ministère public lituanien a décidé de rouvrir le dossier après la publication en décembre d'un rapport accablant du Sénat américain sur les méthodes d'interrogatoire employées par les agents fédéraux. Le rapport faisait état de l'existence de centres de détention dans plusieurs pays tels que la Thaïlande, l'Afghanistan, la Roumanie, la Pologne et la Lituanie entre 2002 et 2008, sans pour autant fournir leur localisation précise. Le procureur Irmantas Mikelionis a "décidé le 22 janvier d'annuler la décision prise le 14 janvier 2011 par le parquet d'interrompre l'enquête sur de possibles abus et de rouvrir l'enquête", indique un porte-parole du ministère public dans un courrier électronique adressé à Reuters. Les autorités lituaniennes n'ont jamais admis la présence d'une prison administrée par la CIA sur leur sol. Le gouvernement américain a, lui, reconnu que de tels centres de détention existaient et que dans certains cas des détenus y étaient torturés mais il n'a jamais fourni de précisions sur leur localisation. Une enquête du parlement lituanien avait conclu que les services de sécurité nationaux avaient fourni à la CIA un lieu ayant servi de prison et que les éléments rassemblés étaient suffisants pour justifier les investigations du parquet. La procédure pénale ouverte en 2010 s'était focalisée sur des abus de pouvoir qu'auraient commis de hauts responsables du département de la sécurité d'Etat. Un an plus tard, l'enquête avait été classée, le ministère public jugeant qu'il n'y avait pas matière à traduire en justice ces responsables. La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a condamné, dans un arrêt rendu en juillet dernier, la Pologne pour avoir permis à la CIA de détenir illégalement sur son sol et de torturer un Saoudien et un Palestinien soupçonnés d'activités terroristes au début des années 2000. (Andrius Sytas et Christina Lowe; Pierre Sérisier pour le service français)

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