Renzi rencontre Draghi dans un contexte économique difficile

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MILAN, 13 août (Reuters) - Le chef du gouvernement italien Matteo Renzi a confirmé mercredi qu'il avait rencontré cette semaine le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi, quelques jours après que ce dernier eut réclamé de Rome une accélération du rythme des réformes. "Oui, j'ai vu Draghi hier, je le rencontre de temps en temps", a déclaré le président du Conseil à des journalistes, sans donner de précisions sur le contenu de leur conversation. Des statistiques officielles publiées la semaine dernière ont montré que la troisième économie de la zone euro était retombée en récession au deuxième trimestre après avoir brièvement mis la tête hors de l'eau à la fin 2013, témoignant de l'ampleur de la tâche d'un gouvernement qui plaide pour que la croissance économique devienne le fer de lance du combat contre la crise que traverse la zone euro. Mario Draghi a estimé jeudi dernier, lors de la conférence de presse mensuelle de la BCE, que l'Italie n'allait pas assez vite dans les réformes structurelles, ce qui à son sens freinait le retour de la croissance. Ces propos ont incité certains médias à penser que les autorités européennes pourraient être tentées de s'ingérer dans les affaires économiques italiennes. Le quotidien local Corriere dell'Umbria a rapporté mercredi que Matteo Renzi avait rencontré Mario Draghi mardi matin à Citta della Pieve, une petite ville de la province d'Ombrie où le président de la BCE possède une résidence secondaire, et qu'il y serait resté deux heures et demi environ. Un porte-parole du président du Conseil et un autre de la BCE ont refusé de faire le moindre commentaire sur cette rencontre. En poste depuis le mois de février, Matteo Renzi a été élu sur la promesse d'ambitieuses réformes mais il est aujourd'hui accusé de ne pas en faire suffisamment pour réduire le taux de chômage et l'endettement transalpins, qui représente un total de 2.000 milliards d'euros. Le gouvernement italien déploie l'essentiel de son énergie dans des réformes institutionnelles qui visent à réduire l'influence politique du Sénat et des assemblées locales afin d'accélérer les processus décisionnels. Dans un entretien accordé lundi au Financial Times, Matteo Renzi rejetait les accusations de lenteur portées à l'encontre de son gouvernement et balayé l'hypothèse d'une intervention économique extérieure semblable à celle que la Grèce à dû se résoudre à accepter. (Ilaria Polleschi, avec la contribution de Paul Carrel, Nicolas Delame pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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