Renzi pressé de rester aux affaires en cas d'échec de sa réforme

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    par Crispian Balmer 
    ROME, 28 novembre (Reuters) - Quand Barack Obama, qui 
quittera la Maison blanche le 20 janvier, est venu faire ses 
adieux à plusieurs chefs d'Etat et de gouvernement européens, le 
18 novembre à Berlin, Matteo Renzi lui a déclaré que son mandat 
pourrait très bien s'achever avant le sien.  
    Le président du Conseil italien âgé de 41 ans a promis de 
démissionner en cas de rejet de son projet de réforme 
constitutionnelle, lors du référendum du 4 décembre, or le "non" 
est donné largement gagnant.  
    "Je n'ai pas l'intention de m'éterniser", a-t-il déclaré 
lors de l'entrevue avec le président américain sortant, dit-on 
de source diplomatique. Certains le pressent toutefois de rester 
aux affaires quelle que soit l'issue du scrutin, notamment pour 
éviter une nouvelle crise bancaire.  
    Parmi eux figurent Barack Obama lui-même, qui a lui a 
conseillé en octobre de "rester un moment quoi qu'il arrive". 
Plusieurs dirigeants d'entreprises et membres du gouvernement se 
sont également exprimés en ce sens.  
    "Mon opinion personnelle est que Renzi doit rester. Ce qui 
doit être considéré (...), c'est l'intérêt du pays", a ainsi 
déclaré vendredi son ministre de l'Industrie, Carlo Calenda. 
  
    Trois membres de la majorité ayant des contacts réguliers 
avec le chef du gouvernement assurent néanmoins qu'il tiendra 
parole et démissionnera sans délais en cas de victoire du "non". 
    Le président Sergio Mattarella pourrait en appeler à son 
sens des responsabilités et l'inviter à solliciter à nouveau la 
confiance du Parlement, mais sa réponse dépendra probablement de 
l'ampleur de la défaite, selon l'un de ses conseillers ayant 
requis l'anonymat. 
     
    BILAN MITIGÉ  
    "Il est jeune et impulsif. Si le résultat est désastreux, il 
peut très bien s'arrêter là et faire autre chose de sa vie", 
a-t-il pronostiqué.  
    Le texte qui sera mis aux voix dimanche propose notamment de 
limiter les pouvoirs législatifs du Sénat en lui retirant celui 
de renverser l'exécutif. Matteo Renzi le juge indispensable pour 
mettre fin à une instabilité chronique. Depuis 1948, l'Italie a 
connu 63 gouvernements.  
    Les milieux d'affaires, favorables à la réforme, se sont 
faits discrets pendant la campagne, de peur de stimuler le vote 
contestataire, mais ils craignent une nouvelle paralysie de 
l'appareil politique à un moment critique. 
    Monte dei Paschi di Siena, troisième banque italienne, doit 
lever cinq milliards d'euros début décembre pour assurer sa 
survie, or les investisseurs ne semblent pas très enthousiastes, 
ce qui pourrait contraindre l'Etat à intervenir.   
    Aucun sondage ne peut être publié pendant les deux semaines 
qui précèdent le scrutin, mais les 40 derniers annoncent tous la 
victoire du "non" avec une marge allant jusqu'à 11%.  
    De sources proches du Parti démocrate, dont Renzi est issu, 
on assure toutefois que cette marge se situe désormais aux 
alentours de 5% et que les indécis représentent encore un quart 
de l'électorat, ce qui laisse un espoir aux partisans de la 
réforme.  
    Au départ, 70% de l'électorat y était favorable, mais la 
tendance s'est inversée fin 2015, lorsque le président du 
Conseil a lié son sort à celui du scrutin, devenu un référendum 
sur son maintien aux affaires.  
    En dépit des nombreuses réformes qu'il a entreprises depuis 
deux ans demi, l'Italie reste en queue du peloton européen en 
terme de croissance économique, le chômage dépasse 11% de la 
population active et les salaires stagnent.       
 
 (Jean-Philippe Lefief pour le service français) 
 
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