Renzi poursuit sur la voie d'une réforme du Sénat en Italie

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ROME, 15 février (Reuters) - Le président du Conseil italien Matteo Renzi poursuit son marathon institutionnel pour imposer une réforme du Sénat réduisant les pouvoirs de la chambre haute au profit de la chambre des députés afin d'améliorer la stabilité gouvernementale en Italie. Les élus de la coalition soutenant le gouvernement Renzi ont adopté dimanche les mesures de ce projet de réforme dans une assemblée désertée par l'opposition. Les débats s'étaient poursuivis jusqu'à samedi matin à la chambre des députés lors d'une session de nuit. Matteo Renzi souhaite amender le bicaméralisme intégral italien en réduisant les prérogatives du Sénat, notamment sa capacité à s'opposer à l'adoption d'un projet de loi. La chambre basse aurait le dernier mot sur les textes législatifs. Cette réforme risque de se heurter à un obstacle de taille, celui de l'approbation du Sénat lui-même où des élus du Parti démocrate de Matteo Renzi y sont défavorables. La majorité dont dispose le gouvernement à la chambre haute est plus étroite que celle qu'il possède à la chambre des députés. Pour faire passer son texte, Renzi ne pourra pas compter sur le soutien de Silvio Berlusconi qui n'a pas apprécié que le chef du gouvernement fasse, malgré son opposition, désigner Sergio Mattarella comme nouveau président de la République le mois dernier. Les deux dirigeants s'étaient pourtant mis d'accord sur l'adoption de la réforme dans le cadre du "pacte de Nazarene", du nom du quartier général du Parti démocrate, l'an passé. Renato Brunetta, chef du parti Forza Italia de Berlusconi à la chambre, a dénoncé "la dérive vers l'autoritarisme" de Renzi. De son côté, le Mouvement 5 étoiles (populiste) a jugé que l'Italie était au bord d'un "coup d'Etat sans effusion de sang". Le leader du M5S, Beppe Grillo, a jugé "que la seule solution était de dissoudre le parlement et d'organiser de nouvelles élections". Malgré ces réticences, Matteo Renzi a affirmé qu'il a l'intention de poursuivre la réforme et a justifié sa décision de faire adopter les mesures par les députés. "Nous avons fait tout ce que nous avons pu pour nous assurer que l'opposition soit présente à la table des négociations", a-t-il expliqué sur la RAI. "Que pouvions-nous faire quand ils sont partis ?" Un vote final sur le texte est attendu début mars mais les dispositions que Renzi envisage de soumettre à un référendum ne devraient pas entrer en vigueur avant la fin de 2016. (Isla Binnie et James Mackenzie; Pierre Sérisier pour le service français) ;))

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