Renzi en difficulté avant le référendum du 4 décembre

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    par Gavin Jones 
    ROME, 15 novembre (Reuters) - A moins de trois semaines du 
référendum constitutionnel en Italie, l'état de l'opinion 
publique que dessinent les instituts de sondage est de nature à 
inquiéter le président du Conseil, Matteo Renzi, qui a lié son 
avenir politique à la consultation du 4 décembre. 
    Depuis le 21 octobre, 32 sondages d'intentions de vote ont 
été publiés par onze instituts différents. Tous donnent le camp 
du "non" majoritaire, et l'écart tend globalement à se creuser, 
à cinq points pour la dernière étude IPR Marketing, six pour EMG 
Acqua et sept pour Tecne. 
    Autre facteur préoccupant pour le Premier ministre social 
démocrate, les personnes interrogées se déclarant encore 
indécises sont de moins de moins nombreuses dans les 
échantillons constitués par les instituts, même si leur 
proportion varie de 16,5% chez Tecne à 26% pour EMG Acqua. 
    Et à mesure qu'elles sortent de la catégorie des indécis, 
elles semblent gonfler le camp du "non". 
    Les sondeurs, instruits des échecs de leurs confrères 
britanniques avant le vote sur le Brexit et, plus récemment, des 
instituts américains qui tablaient sur une victoire d'Hillary 
Clinton aux Etats-Unis, multiplient les précautions. 
    Ils se demandent si une partie des électeurs du sud de 
l'Italie, où la participation est traditionnellement inférieure 
à la moyenne nationale, n'ont pas tendance à afficher un avis 
tranché lorsqu'on les interroge pour finir par opter pour 
l'abstention le jour du scrutin. Ils notent aussi que les 4,2 
millions d'Italiens expatriés ne sont pas pris en compte dans 
leurs sondages. 
    Mais les habitudes sont têtues au point qu'une question 
monopolise la campagne référendaire au détriment de toutes les 
autres: que fera Renzi s'il ne réussit pas à faire avaliser sa 
réforme institutionnelle. 
     
    "VIVOTER ET SURNAGER ?" 
    Le projet vise à réduire drastiquement le poids du Sénat, la 
chambre haute du Parlement italien, dans le processus législatif 
et à recentraliser une partie des pouvoirs dévolus aux régions. 
    A 41 ans, Renzi, qui dirige le gouvernement depuis février 
2014, a répété à de multiples reprises en début de campagne 
qu'il démissionnerait si sa réforme était rejetée par les 
électeurs. 
    Il a adopté par la suite une ligne plus prudente, estimant 
que les interrogations autour de son sort personnel avait nui au 
débat sur les mérites de sa réforme, transformant le référendum 
en vote pro- ou anti-Renzi.  
    Mais, invité lundi d'une station de radio, il a relancé les 
spéculations. "Si je dois poursuivre avec ce parlement et faire 
ce que tout le monde a fait avant moi, c'est-à-dire vivoter et 
surnager, cela ne me conviendra pas", a dit l'ancien maire de 
Florence qui a fait irruption sur la scène politique en 
promettant, pour mieux incarner le renouveau, d'envoyer "à la 
casse" la classe dirigeante. 
    En cas de défaite, les commentateurs politiques estiment que 
celui qu'on a surnommé "Il Rottamatore" (Le ferrailleur) à son 
arrivée à la tête du Parti démocrate (PD) pourrait non pas 
démissionner, mais convoquer des élections législatives 
anticipées pour l'année prochaine, soit avec un an d'avance sur 
le calendrier actuel. 
    Les derniers sondages seront publiés vendredi, la loi 
italienne proscrivant la diffusion de toute étude d'opinion dans 
les quinze jours précédant un scrutin. 
 
 (Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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