Renzi déterminé à réformer le marché du travail en Italie

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(actualisé avec précisions, contexte) ROME, 16 septembre (Reuters) - Matteo Renzi a exprimé mardi sa détermination à réformer le marché du travail en Italie, quitte à agir par décret si le Parlement bloque ses projets tout en rejetant les accusations de lenteur portées contre son gouvernement. Défendant devant la Chambre des députés son programme de réformes en 1.000 jours, le président du Conseil a déclaré que la réforme du marché du travail, au coeur de son projet, était censée corriger ce qu'il considère comme une injustice séparant les travailleurs italiens en deux catégories, une "première division" et une "deuxième division". Il a assuré que son gouvernement collaborerait avec le Parlement pour tenter de simplifier le droit du travail à condition que ces travaux se déroulent dans des délais acceptables. "Sinon, nous sommes prêts à agir avec des mesures d'urgence", a-t-il dit. Le projet de budget, qui doit être dévoilé le mois prochain, comprendra des mesures destinées à simplifier et à renforcer les aides sociales pour les salariés qui ont perdu leur emploi. Le gouvernement prévoit parallèlement de réduire les cotisations sociales des employeurs. Les propos du président du Conseil viennent en réponse aux critiques essuyées par son gouvernement accusé de lenteurs dans la réalisation des réformes promises lors de son arrivée au pouvoir en février. La réforme du marché du travail est un problème de longue date en Italie où le code du travail offre des garanties étendues aux salariés à plein temps et disposant de contrats à durée indéterminée alors que les plus précaires ont peu de protection. Renato Brunetta, chef de file de Forza Italia, la formation politique de Silvio Berlusconi, a estimé que Matteo Renzi avait "livré un discours creux et brassé de l'air". Avec un chômage des jeunes revenu à des niveaux inédits depuis les années 1970, aux alentours de 43%, la création d'emplois est la priorité d'un gouvernement également confronté à un climat économique morose. Des statistiques publiées le mois dernier montrent que l'économie italienne a replongé au deuxième trimestre dans la récession, la troisième depuis 2008. Lundi, l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) a estimé que l'économie transalpine se contracterait cette année de 0,4%. Balayant les critiques selon lesquelles son gouvernement a concentré ses efforts sur des réformes constitutionnelles plutôt que sur celles qui pourraient raviver l'économie, Matteo Renzi a expliqué que le changement était un combat qui se menait sur plusieurs fronts à la fois. "Soit nous faisons toutes les réformes en même temps, soit nous ne dépassons pas ce rythme de tortue qui nous a empêché de croître depuis 20 ans", a-t-il dit. (James Mackenzie,; Bertrand Boucey et Nicolas Delame pour le service français)

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