Renzi à Berlin: "Nous avons le même adversaire: le populisme"

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    par Steven Scheer et Paul Carrel 
    BERLIN, 29 janvier (Reuters) - L'Italie et l'Allemagne sont 
confrontées au même problème: combattre le populisme qui se 
nourrit des crises économique et migratoire, a déclaré vendredi 
le président du Conseil italien, Matteo Renzi, en visite à 
Berlin. 
    "Bien sûr, nous ne sommes pas d'accord sur tout", a-t-il dit 
à la presse à l'issue d'une rencontre avec Angela Merkel. "Mais 
nous pensons tous les deux que combattre le chômage aujourd'hui 
en Europe revient à combattre le populisme. Nous avons le même 
adversaire: le populisme", a-t-il ajouté. 
    Le chef du gouvernement italien, issu du Parti démocrate 
(PD, gauche), dénonce avec constance l'insistance de l'Allemagne 
à promouvoir des politiques d'austérité au sein de l'Union 
européenne. Lui appelle à davantage de flexibilité budgétaire 
afin de renforcer la croissance économique du continent. 
    Il a indiqué vendredi que Jean-Claude Juncker avait été 
choisi pour présider la Commission européenne en novembre 2014 à 
la condition que les Etats membres bénéficient de plus de 
souplesse dans l'élaboration de leurs budgets. 
    "Nous demandons que les règles soient appliquées sans 
équivoque sur le fait que, pour nous, cette flexibilité 
(budgétaire) était une condition nécessaire de l'accord qui a 
conduit à l'élection de Jean-Claude Juncker", a-t-il dit 
vendredi. "Je n'ai pas changé d'avis au sujet de cette 
flexibilité, j'espère que Jean-Claude Juncker non plus." 
     
    RENZI "OUVERT" À UNE AIDE DE L'UE À ANKARA  
    MAIS ATTEND DES "CLARIFICATIONS" 
    Berlin et Rome ont également des positions divergentes face 
à l'arrivée massive de migrants. 
    Dans un entretien publié jeudi, à la veille de sa venue à 
Berlin, par le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine 
Zeitung, Renzi s'élevait contre une conception dans laquelle 
Angela Merkel négocierait avec le président français François 
Hollande et avec Jean-Claude Juncker en le laissant à l'écart. 
    "Si nous cherchons une stratégie européenne commune pour 
régler la question des réfugiés, on ne peut se satisfaire 
qu'Angela appelle d'abord Hollande puis le président de la 
Commission Jean-Claude Juncker et que j'apprenne le résultat par 
la presse", déclarait-il dans cette interview. 
    Vendredi à Berlin, il a déclaré que l'Italie était "ouverte" 
au versement des trois milliards d'euros promis par l'UE à 
Ankara pour financer le maintien sur le sol turc des réfugiés 
syriens qui tentent de gagner l'Europe.  
    Mais il a ajouté qu'il attendait des "clarifications". Il y 
a deux semaines, en réunion des ministres européens des 
Finances, l'Italie a continué de bloquer le versement de l'aide 
promise aux autorités turques. 
    Angela Merkel a insisté de son côté sur la nécessaire 
application de cet accord entre l'UE et la Turquie. 
    "Nous avons évoqué naturellement la question des réfugiés, 
avec l'agenda UE-Turquie qui doit être mis en oeuvre rapidement 
parce que nous avons besoin de progrès", a dit la chancelière 
allemande.     
 
 (Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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