Rentrée scolaire au Pakistan dans le souvenir de Peshawar

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par Jibran Ahmad PESHAWAR, Pakistan, 12 janvier (Reuters) - Les enfants du Pakistan sont retournés en classe lundi matin un mois après le massacre de Peshawar où 134 écoliers ont été assassinés par des taliban dans un établissement géré par l'armée. A la suite de l'attaque dans cette ville du nord-ouest du pays, les congés d'hiver ont été exceptionnellement prolongés dans la plupart des établissements scolaires du Pakistan. Le 16 décembre, le commando d'une dizaine d'hommes avait fait irruption dans l'Ecole publique militaire de Peshawar, allant méthodiquement de classe en classe et tuant les enfants de sang froid. Les taliban pakistanais ont affirmé avoir agi en représailles à l'offensive militaire lancée en juin dans la région tribale du Nord-Waziristan. "Nous voulons qu'ils souffrent à leur tour", avait alors déclaré Muhammad Umar Khorasani, un de leurs porte-parole. (voir ID:nL6N0U00VF ) Le Pakistan et ses 180 millions d'habitants vivent de longue date au rythme d'attentats quasi quotidiens, mais le massacre de Peshawar a profondément marqué la population, émue et effrayée, et ravivé les critiques contre le gouvernement accusé de ne pas en faire assez pour réprimer l'insurrection. Dans les jours qui ont suivi le massacre, condamné par des groupes islamistes parmi lesquels les taliban afghans, le Premier ministre pakistanais, Nawaz Sharif, a annoncé la levée du moratoire sur la peine de mort. A Peshawar, les survivants du massacre ont repris lundi le chemin de l'école sous la protection d'un important dispositif de sécurité et dans une atmosphère de tension émotionnelle. Nombre d'entre eux portaient encore des bandages, stigmates des violences d'il y a un mois. Le général Raheel Sharif, chef d'état-major de l'armée pakistanaise, avait fait le déplacement pour y rencontrer les élèves, leurs parents et leurs professeurs. "Il n'a pas prononcé de discours mais a rencontré les parents individuellement et leur a assuré qu'ils éradiqueraient les terroristes de ce pays", a dit à l'agence Reuters un responsable de la sécurité. Selon un autre membre de la sécurité, un mur de protection de 2 m 50 de haut est en cours de construction tout autour des écoles publiques de Peshawar, une ville souvent en proie à la violence et proche des zones tribales du nord-ouest du Pakistan. Mais certains parents se sont tenus à l'écart. Parmi eux ce père qui dit ne pas avoir trouvé la force de retourner dans l'école où son fils a été assassiné. "Et qu'aurait pu m'apporter cette rencontre avec le chef de l'armée alors qu'ils n'ont pas pu sauver mon jeune fils ni les enfants de nombreux autres parents ?", ajoute-t-il. "J'ai l'impression que mon fils est mort à nouveau ce matin. Quand j'ai vu d'autres enfants retournée à l'école, ça m'a rappelé que lui n'irait plus. Je suis allé dans sa chambre et je me suis assis devant son cartable et son uniforme." (Henri-Pierre André pour le service français)

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