Rentrée politique agricole pour le Parti communiste français

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PARIS (Reuters) - Le Parti communiste français (PCF), qui tient ses universités d'été à la fin du mois, a fait sa rentrée politique mercredi avec une vente à prix coûtant de 10 tonnes de fruits et légumes, co-organisée à Paris avec la Confédération syndicale agricole des exploitants familiaux (Modef).

Dès 08h00 du matin, une centaine de personnes formaient une file d'attente place de la Bastille pour acheter melons, nectarines, poires, prunes, pommes, tomates, pommes de terre et salades à bas prix, directement auprès des producteurs.

"Comme tous les ans, je suis là pour soutenir les agriculteurs, et pour avoir un goût le plus proche possible du vrai goût de la nature", explique Walid Okais, militant PCF qui dit être venu acheter "un peu de tout". "On peut trouver dans les supermarchés des prix comparables, mais on ne trouvera jamais le goût."

Pour soutenir des agriculteurs qui décrivent leur situation comme "catastrophique", le PCF souhaite la création d'un calendrier d'importations et un encadrement des marges de la grande distribution avec la mise en place d'un coefficient multiplicateur.

Un tel coefficient, qui fixerait un taux à ne pas dépasser entre prix d'achat au fournisseur et prix de vente au consommateur, a existé jusqu'en 1986. Rétabli en 2005 pour la filière des fruits et légumes en situation de crise, il n'a jamais été appliqué depuis.

Le Parti communiste demande également l'organisation d'une conférence annuelle sur les prix agricoles et d'une convention internationale sur la non-spéculation sur les biens alimentaires.

LE GOUVERNEMENT DOIT "SE RÉVEILLER"

"Vous faites du capitalisme avec les machines à laver, on n'en fait pas avec les estomacs", dit Xavier Compain, responsable de la commission agriculture du PCF.

Le candidat du Front de gauche à l'élection présidentielle Jean-Luc Mélenchon est venu en milieu de matinée apporter son soutien à cette vente, co-organisée tous les ans par le PCF.

"C'est une idée géniale pour faire baisser les prix des fruits et légumes, améliorer les conditions de vie des paysans (...) et des travailleurs qui consomment", a-t-il dit.

Le président du Parti de gauche, qui, après un silence de trois mois, a multiplié les critiques à l'endroit des 100 premiers jours de la présidence de François Hollande (voir ), a appelé mercredi le gouvernement de Jean-Marc Ayrault à "se réveiller", notamment sur le dossier agricole.

Pour lui, la mise en place d'un coefficient multiplicateur ne coûterait pas un euro au budget de l'Etat mais donnerait de la "respiration" aux paysans et aux consommateurs.

"J'appelle (le gouvernement) à se réveiller et à arrêter de me donner des leçons de maintien et de prendre des grands airs", a-t-il lancé. "Je ne vais pas changer mon ton pour faire plaisir à cette équipe mi-chèvre, mi-poisson qui a toujours l'air de se réveiller continuellement", a-t-il ajouté. "Il y a des réponses techniques, mais pour ça il faut décider."

Plus tôt, le Premier ministre avait estimé sur BFM-TV et RMC que Jean-Luc Mélenchon "devrait peut-être avoir un peu plus de lucidité" et "se confronter au réel".

Une dizaine d'agriculteurs de Marmande, dans le Lot-et-Garonne ont participé mercredi à cette vente de fruits et légumes.

Chine Labbé, édité par Yann Le Guernigou

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