Rentrée avancée du Parlement dans la morosité

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RENTRÉE PARLEMENTAIRE DANS UN CLIMAT DE MOROSITÉ
RENTRÉE PARLEMENTAIRE DANS UN CLIMAT DE MOROSITÉ

PARIS (Reuters) - Le Parlement français effectue sa rentrée plus tôt que prévu mardi dans un climat de crise avec une hausse du chômage et une baisse de la prévision de prévision de croissance pour 2013.

L'Assemblée et le Sénat, désormais tous deux à majorité de gauche, qui avaient suspendu leurs travaux à la fin juillet, devaient effectuer leur rentrée le 24 septembre.

Mais les mauvaises nouvelles économiques et la chute de la popularité de François Hollande, et de son Premier ministre Jean-Marc Ayrault ont poussé le président à avancer l'échéance.

Dès mardi, les députés examineront le texte relatif à la création des "emplois d'avenir" qui concerne les jeunes de 16 à 25 ans peu ou pas qualifiés.

Pendant ce temps, les sénateurs examineront le texte qui, afin de faciliter la construction de logements, permet à l'Etat de céder des terrains aux collectivités locales.

Ce projet de loi prévoit également de porter de 20 à 25% le taux minimum de logements sociaux dans les villes et augmente les sanctions pour les communes ne respectant pas ce quota.

Après une semaine de travaux, députés et sénateurs se rendront aux journées parlementaires organisées par les différents groupes avant de retrouver leur hémicycle respectif le 24 septembre.

Cette dernière semaine de septembre sera consacrée à l'adoption définitive des textes sur les "emplois d'avenir" et sur le logement social.

L'Assemblée débattra également d'une proposition de loi socialiste qui prévoit la mise en place d'un tarification progressive de l'énergie tandis que le Sénat discutera d'un projet de loi contre la vie chère en Outre-mer.

LE TRAITÉ EUROPÉEN, PLAT DE RÉSISTANCE

C'est le 1er octobre, comme le prévoit la Constitution, que débutera la session ordinaire 2012-2013 du Parlement avec comme plat de résistance le traité budgétaire européen qui divise la majorité issue des élections des 10 et 17 juin.

Le Conseil constitutionnel ayant jugé le 10 août que l'adoption du traité budgétaire européen, et donc de la règle d'or", ne nécessitait pas une révision de la Constitution, le gouvernement a présenté un projet de loi organique autorisant la ratification du "paquet européen".

L'aile gauche du PS, une partie des écologistes et les élus du Front de gauche, qui rassemble les communistes et le Parti de gauche, sont fermement opposés à cette ratification.

Mais le "paquet européen" devrait toutefois être adopté sans difficulté avec l'apport des voix centristes et d'une bonne partie de celles de l'UMP.

L'examen du projet de loi de finances (PLF) pour 2013 et du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2013 débutera le 16 octobre.

Les débats s'annoncent délicats pour le gouvernement, qui doit faire face aux critiques acerbes de l'opposition. L'UMP, où la guerre des chefs fait rage en vue de l'élection en novembre de son président, est en pointe dans la guérilla menée contre l'exécutif et sa majorité.

Mais le gouvernement doit faire face également au mécontentement de l'aile gauche du PS, d'une partie des écologistes et du Front de gauche qui dénoncent "l'austérité" des mesures déjà prises ou envisagées.

Les choses risquent de s'envenimer davantage, François Hollande ayant annoncé dimanche un effort sans précédent de 30 milliards d'euros en 2013 afin de redresser les comptes publics.

Il a également précisé que la croissance pour 2012 devrait être "à peine supérieure à zéro" et que la prévision pour 2013 sera "sans doute de 0,8%" et non pas de 1,2% comme prévu.

Emile Picy, édité par Yves Clarisse

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