René Taelman : "Blatter me fait penser à John Edgar Hoover"

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Ex-journaliste sportif et grand connaisseur du football africain pour avoir officié en tant que coach dans pas moins de neuf pays du continent, René Taelman a assisté au cours des années à l'influence de la FIFA et de son grand ordonnateur, Sepp Blatter. Entre corruption, projet inachevés, et tentatives de déstabilisation, l'ancien gardien belge expose le système.

A travers vos expériences en Afrique, avez-vous vu le football évoluer sous l'influence de la FIFA sur le continent ?
Au niveau de ce qu'a apporté la FIFA à l'Afrique, il y a bien sûr la Coupe du monde 2010 en Afrique du sud. En 2002 alors qu'il se présentait à la présidence de la FIFA, Issa Hayatou était persuadé d'avoir tous les votes africains mais Blatter a fait le tour de tous les dirigeants africains un à un avant l'élection et finalement c'est Blatter qui a eu le plus de voix. Il y a eu un retour d'ascenseur : comme les Africains ont voté pour lui, on a fait une Coupe du monde en Afrique du sud. Cela a donné un peu de travail le temps de construire plusieurs stades, mais est-ce que l'Afrique du sud, avec toute sa pauvreté, était réellement en mesure de financer une Coupe du monde ? Personnellement je trouve cela lamentable. La Belgique et les Pays-Bas, qui sont des pays riches, n'envisagent même pas de le faire à deux. Après, le projet Goal (financement d'infrastructures par la FIFA, ndlr) a accouché il est vrai, dans certains pays, d'un centre sportif. Sont-ils bien gérés ? Au Ghana le projet Goal n'est toujours pas achevé, il n'y a toujours pas de centre de formation qui fonctionne. Donc mis à part ce projet qui fonctionne inégalement, je ne vois pas ce que la FIFA a apporté à l'Afrique
Un sélectionneur voulant garder l'anonymat a expliqué que l'argent du projet Goal avait été détourné dans le pays où il exerce : un membre de la fédération a remporté l'appel d'offres, commencé les travaux mais ne les a pas achevés. La FIFA a finalement installé un terrain synthétique par ses propres moyens mais n'a pas sanctionné les gens ayant détourné l'argent. Cela signifie t-il que le projet Goal sert à acheter des votes et que la FIFA préfère ne pas sanctionner les irrégularités pour ne pas froisser des électeurs ?
À mon avis oui, c'est très vraisemblable. Le projet Goal a fonctionné en Ethiopie car les Ethiopiens sont en train de constituer un pays avec très peu de corruption. Au Rwanda, cela pourrait fonctionner car l'actuel président est très autoritaire concernant la gestion des fonds provenant de l'étranger. Je peux vous parler du Bénin où j'ai été sélectionneur (2001 à 2003, ndlr), j'ai été à la base de la première qualification du Bénin pour la CAN. Il n'y a même pas de championnat là-bas. Dans ce…



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