Rendements d'adjudication en baisse pour Paris et Madrid

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PARIS/MADRID (Reuters) - La France et l'Espagne ont adjugé jeudi sans difficulté du papier obligataire, et ont bénéficié d'une baisse de leur coût d'emprunt au lendemain de la deuxième injection massive de liquidités dans le système bancaire par la Banque centrale européenne.

L'Espagne a placé pour 4,5 milliards d'euros d'obligations à des échéances variant de deux à quatre ans et avec des rendements nettement en baisse. Le montant global des émissions est dans le haut de la fourchette objectif que s'était fixé Madrid.

La France a adjugé pour huit milliards d'euros d'OAT dont les échéances variaient de 2017 à 2026. Là aussi, les rendement étaient en baisse et le montant adjugé correspondait aux objectifs les plus élevés de l'Agence France Trésor.

"Une demande vraiment forte pour le papier français, toutes les échéances ressortant largement au-dessus des prix du marché secondaire", remarque Peter Chatwell, stratège du Crédit Agricole à Londres.

"Le papier français est vraiment bien placé pour tirer parti du LTRO car il représente un abri sûr pour la liquidité excédentaire. Il devrait en outre bénéficier d'un goût du risque devenu un peu plus prononcé."

PAS DE SURPRISE

L'Agence France Trésor a adjugé pour 3,915 milliards d'euros d'OAT avril 2022 3,0% à un rendement de 2,91%, contre 3,13% lors de l'adjudication du 2 février.

Elle a également placé pour deux milliards d'euros d'OAT avril 2026 3,5% à un rendement de 3,3%, contre 3,65% lors de l'adjudication du 1er décembre.

Enfin, l'AFT a vendu pour 825 millions d'euros d'OAT octobre 2017 4,25% à un rendement de 1,91% contre 2,42% le 1er décembre, et 1,25 milliard d'euros d'OAT octobre 2019 3,75% à un rendement de 2,48%. Aucun comparatif n'était disponible pour cette souche.

En Espagne, le Trésor a levé 1,06 milliard d'euros via des titres arrivant à échéance le 30 avril 2014, avec un rendement 2,069% et un ratio de couverture de 2,8.

L'adjudication de 1,91 milliard d'euros à échéance juillet 2015 a vu Madrid servir un rendement de 2,617%, contre 3,332% lors de la précédente émission de ce type mi-février. La demande a représenté 2,4 fois l'offre, contre 2,2 fois précédemment.

L'Espagne a également émis 1,53 milliard d'euros de titres à échéance octobre 2016, pour un rendement moyen de 3,376% (contre 3,455% début février). Le ratio de couverture ressort à 2,6 contre 3,6 précédemment.

"L'adjudication s'est vraiment bien passée et les ratios de couverture sont largement au-dessus de la moyenne", commente Michael Leister, stratège de DZ Bank à Londres.

"Aucun problème pour placer le papier, ce qui n'a rien de surprenant vu ce que la BCE a injecté. On peut en plus supposer qu'une fois de plus les banques espagnoles et italiennes ont été les plus actives à solliciter ces fonds."

La BCE a injecté plus de 1.000 milliards d'euros dans le système bancaire de la zone euro par le biais de deux opérations de refinancement à trois ans effectuées fin décembre et mercredi. Ces opérations alimentent l'espoir que le crédit aux entreprises reprenne son cours normal et que les pays touchés durement par la crise de la dette puissent emprunter moins cher.

Ce nouvel optimisme, prudent, est également entretenu par les statistiques économiques des Etats-Unis, de bon aloi pour l'économie mondiale mais aussi pour la zone euro frappée par la crise de la dette. L'économie américaine a enregistré une croissance plus forte qu'initialement estimé au quatrième trimestre 2011, ce qui atténue les craintes d'un brusque ralentissement dans les premiers mois de 2012.

Jean Décotte et Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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