Rendement négatifs sur les obligations : « un danger pour les banques » (Western Asset)

le , mis à jour à 18:25
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Les taux toujours plus faibles en Europe engendrent des défis de gestion pour les banques ou encore les fonds de retraites.
Les taux toujours plus faibles en Europe engendrent des défis de gestion pour les banques ou encore les fonds de retraites.

Les rendements négatifs de certaines obligations souveraines européennes risquent de poser des problèmes économiques à long terme pour les grandes banques occidentales explique Western Asset, filiale de la société de gestion Legg Mason, dans un communiqué de presse lundi 14 avril.

« Les rendements négatifs sur la dette souveraine de nombreux pays d’Europe menacent le système bancaire et ne devraient être soutenables qu’à court-terme » explique Ken Leech, directeur des investissements chez Western Asset.

« Les rendements négatifs sur les obligations à 10 ans suisses et sur certains titres de dette souveraine allemande sont des anomalies dont les investisseurs devraient fortement se méfier ». « Je travaille depuis longtemps dans le monde obligataire, et je n’aurais jamais pensé me retrouver face à des taux d’intérêt négatifs », ajoute-t-il.

Danger pour le système bancaire

« Les taux négatifs ont une limite, et je pense que nous y sommes, car à un moment donné, ils deviennent dangereux pour le système bancaire », poursuit le directeur des investissements de Western Asset.

Cette affirmation nécessite quelques explications. Les banques, du fait des contraintes règlementaires qu’elles doivent respecter en matière de gestion des risques, sont obligées de détenir d’importantes quantités d’actifs de haute qualité dans leur bilan. Ceci désigne notamment des obligations souveraines émises par les grands Etats européens (Allemagne, Suisse, France…) considérés comme très peu risqués. Or, pour cette même raison, ces Etats empruntent désormais à des taux très bas, voire négatifs. Pour les banques, ces investissements rendus obligatoires par la réglementation ne sont donc plus rentables. C’est ce phénomène que Ken Leech désigne comme un « danger » pour ces établissements.

Le plan de relance de la BCE n’arrange pas le problème soulevé, alors que les rachats de dettes souveraines effectués contribuent à faire baisser les taux souverains à des niveaux historiquement faibles pour la plupart des Etats européens.

« Nous nous attendons à ce que les investisseurs agissent contre ces rendements négatifs, notamment car [les] perspectives de croissance sont aujourd’hui plus positives » en zone euro, poursuit Ken Leech. Mais pour l’instant, malgré une légère remontée des taux suisses, les taux des pays de la zone euro atteignent régulièrement de nouveaux plus bas.

Fonds de retraites et assurances-vie également concernés

Par ailleurs, les banques ne sont pas les seules affectées par les taux bas. En France, les fonds en euros d’assurances-vie et les fonds de retraites complémentaires font aussi partie des premiers concernés, peut-être même davantage que les banques. Ces institutions, également du fait de leurs contraintes de gestion, investissent dans ces actifs de moins en moins rentables, et leurs performances s’en ressentent depuis déjà plusieurs années.

X. Bargue

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  • Mig737 le mercredi 15 avr 2015 à 15:47

    OK aeso, je n'avais pas cette information, merci je me coucherais moins C ce soir :-)

  • aeso001 le mercredi 15 avr 2015 à 15:40

    Je vous incite à prendre connaissance du dernier rapport de la BRI qui est aussi alarmant que celui publié début 2007 et qui annonçait la crise des subprimes.

  • aeso001 le mercredi 15 avr 2015 à 15:38

    Ben si, justement, les contraintes réglementaires de type bale3 pour les banques ou solvency2 pour les assureurs les obligent à détenir certaines classes d'actifs. Pour l'instant, tant que l'inflation est très faible, les taux réels (inflation déduite) ne sont que légèrement négatifs et ce n'est pas trop grave. Si l'inflation repart, la situation va devenir explosive sur les stocks d'obligations détenues par ces institutions.

  • M3182284 le mercredi 15 avr 2015 à 15:27

    Effectivement Mig, on préfère se goinfrer sur le CAC: à poil les shorts.

  • Mig737 le mercredi 15 avr 2015 à 15:26

    On ne va tout de même pas plaindre ces investisseurs qui placent leur argent à taux négatif, personne ne les oblige, non?