Renault va poursuivre son pari russe en recapitalisant Avtovaz

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    * Les actionnaires d'Avtovaz réunis en AG extraordinaire 
    * Doivent se prononcer sur une recapitalisation massive de 
85 mds de roubles 
    * Renault y participera jusqu'à 25 mds de roubles (350 mlns 
environ) 
    * Détiendra 70% environ d'Avtovaz après l'opération 
    * Veut être prêt quand le marché finira par repartir 
 
    par Gleb Stolyarov et Laurence Frost 
    MOSCOU/PARIS, 10 octobre (Reuters) - Renault  RENA.PA  ne 
démord pas de son pari russe et votera  avec les autres 
actionnaires d'Avtovaz  AVAZ.MM  pour une  recapitalisation du 
constructeur automobile en difficulté à hauteur de 85 milliards 
de roubles (environ 1,1 milliard d'euros), une opération dans 
laquelle le groupe français pourrait être le seul contributeur à 
débourser du cash. 
    Renault devrait financer la majeure partie - voire la 
totalité - de l'augmentation de capital en numéraire ouverte au 
public dès la fin 2016 puisqu'il s'est engagé à souscrire 
jusqu'à 25 milliards de roubles (350 millions d'euros environ), 
soit 30% de l'opération totale, sous réserve du feu vert des 
actionnaires réunis lundi en assemblée générale extraordinaire. 
    Le plan de bataille, qui prévoit aussi dans un deuxième 
temps une conversion de créances en actions, aboutira à 
renforcer le contrôle de Renault, qui doublera quasiment sa 
participation dans Avtovaz et consolidera celui-ci dans ses 
comptes, tandis que Nissan  7201.T  et le groupe public Russian 
Technologies se laisseront au contraire diluer. 
    Selon une source proche d'un des actionnaires, Renault 
pourrait monter jusqu'à 72,5%, tandis que Nissan passerait de 
12,5% à 5,5% et Russian Technologies de 25% à 11% environ.  
    L'augmentation de capital est également ouverte aux 
actionnaires minoritaires d'Avtovaz, qui détiennent 25% du 
capital. 
    La recapitalisation, vitale pour le constructeur russe, doit 
lui permettre de faire face à ses engagements financiers et de 
poursuivre sa restructuration. Si le fabricant de la Lada 
détient aujourd'hui plus de 30% du marché russe avec ses 
partenaires Renault et Nissan, il a beaucoup souffert du marasme 
économique subi par le pays, imputable notamment à 
l'effondrement des cours du pétrole et aux sanctions économiques 
adoptées après l'annexion de la Crimée. 
     
    PROFITER DE LA REPRISE, QUAND ELLE VIENDRA 
    Renault n'a pas été épargné. Entré en 2008 au capital 
d'Avtovaz moyennant un milliard de dollars, dans l'espoir de 
voir la Russie devenir un nouvel eldorado automobile, il n'a vu 
le groupe russe contribuer positivement à ses résultats que sur 
deux des huit années écoulées. 
    "Nous continuons à penser que la Russie offre des 
opportunités à long terme pour le constructeur, mais nous ne 
pouvons ignorer le fardeau qu'elle représente à court terme", 
commente dans une note Alexis Albert, analyste automobile chez 
Barclays. 
    "Leur positionnement sur le long terme en Russie est 
intéressant mais il faut aussi admettre qu'il est relativement 
coûteux", ajoute-t-il. 
    Selon Barclays, l'opération réduira d'un demi-point la marge 
opérationnelle de Renault et alourdira de 1,3 milliard d'euros 
la dette nette du constructeur en 2016. En février, le groupe 
français a passé une dépréciation de 225 millions d'euros sur 
son investissement dans Avtovaz.   
    En renforçant les finances de sa future filiale, Renault 
veut croire que cette fois son pari sera gagnant. Si Avtovaz a 
enregistré des pertes record en 2015, son nouveau directeur 
général Nicolas Maure, venu de Renault, prévoit un retour à 
l'équilibre en 2018. 
    Leur position de leader en Russie et le fort taux de 
localisation de leur outil de production placent Renault, 
Avtovaz et Nissan en pole position pour profiter de la reprise, 
quand elle viendra. 
    Au Mondial de l'auto, le directeur commercial de Renault 
Thierry Koskas a estimé que le marché automobile russe, attendu 
encore en baisse de 12% cette année, pourrait se stabiliser l'an 
prochain.   Certains anticipent même une légère 
croissance, comme le constructeur russe Sollers  SVAV.MM  qui 
juge possible un rebond de 1% à 2%. 
    Le marché russe a diminué de moitié depuis son pic de 2012. 
Cette année-là, les analystes estimaient qu'il pourrait  
dépasser quatre millions de voitures neuves d'ici 2019, ce qui 
en aurait fait le premier marché européen devant l'Allemagne. 
Mais il devrait osciller péniblement autour de 1,5 million 
d'unités cette année.   
 
 (Avec Gilles Guillaume à Paris et Jack Stubbs à Moscou, édité 
par Dominique Rodriguez) 
 

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