Renault va poursuivre son pari russe en recapitalisant Avtovaz

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RENAULT POURRAIT MONTER JUSQU'À 72,5% DU CAPITAL D'AVTOVAZ
RENAULT POURRAIT MONTER JUSQU'À 72,5% DU CAPITAL D'AVTOVAZ

par Gleb Stolyarov et Laurence Frost

MOSCOU/PARIS (Reuters) - Renault ne démord pas de son pari russe et votera avec les autres actionnaires d'Avtovaz pour une recapitalisation du constructeur automobile en difficulté à hauteur de 85 milliards de roubles (environ 1,1 milliard d'euros), une opération dans laquelle le groupe français pourrait être le seul contributeur à débourser du cash.

Renault devrait financer la majeure partie - voire la totalité - de l'augmentation de capital en numéraire ouverte au public dès la fin 2016 puisqu'il s'est engagé à souscrire jusqu'à 25 milliards de roubles (350 millions d'euros environ), soit 30% de l'opération totale, sous réserve du feu vert des actionnaires réunis lundi en assemblée générale extraordinaire.

Le plan de bataille, qui prévoit aussi dans un deuxième temps une conversion de créances en actions, aboutira à renforcer le contrôle de Renault, qui doublera quasiment sa participation dans Avtovaz et consolidera celui-ci dans ses comptes, tandis que Nissan et le groupe public Russian Technologies se laisseront au contraire diluer.

Selon une source proche d'un des actionnaires, Renault pourrait monter jusqu'à 72,5%, tandis que Nissan passerait de 12,5% à 5,5% et Russian Technologies de 25% à 11% environ.

L'augmentation de capital est également ouverte aux actionnaires minoritaires d'Avtovaz, qui détiennent 25% du capital.

La recapitalisation, vitale pour le constructeur russe, doit lui permettre de faire face à ses engagements financiers et de poursuivre sa restructuration. Si le fabricant de la Lada détient aujourd'hui plus de 30% du marché russe avec ses partenaires Renault et Nissan, il a beaucoup souffert du marasme économique subi par le pays, imputable notamment à l'effondrement des cours du pétrole et aux sanctions économiques adoptées après l'annexion de la Crimée.

PROFITER DE LA REPRISE, QUAND ELLE VIENDRA

Renault n'a pas été épargné. Entré en 2008 au capital d'Avtovaz moyennant un milliard de dollars, dans l'espoir de voir la Russie devenir un nouvel eldorado automobile, il n'a vu le groupe russe contribuer positivement à ses résultats que sur deux des huit années écoulées.

"Nous continuons à penser que la Russie offre des opportunités à long terme pour le constructeur, mais nous ne pouvons ignorer le fardeau qu'elle représente à court terme", commente dans une note Alexis Albert, analyste automobile chez Barclays.

"Leur positionnement sur le long terme en Russie est intéressant mais il faut aussi admettre qu'il est relativement coûteux", ajoute-t-il.

Selon Barclays, l'opération réduira d'un demi-point la marge opérationnelle de Renault et alourdira de 1,3 milliard d'euros la dette nette du constructeur en 2016. En février, le groupe français a passé une dépréciation de 225 millions d'euros sur son investissement dans Avtovaz.

En renforçant les finances de sa future filiale, Renault veut croire que cette fois son pari sera gagnant. Si Avtovaz a enregistré des pertes record en 2015, son nouveau directeur général Nicolas Maure, venu de Renault, prévoit un retour à l'équilibre en 2018.

Leur position de leader en Russie et le fort taux de localisation de leur outil de production placent Renault, Avtovaz et Nissan en pole position pour profiter de la reprise, quand elle viendra.

Au Mondial de l'auto, le directeur commercial de Renault Thierry Koskas a estimé que le marché automobile russe, attendu encore en baisse de 12% cette année, pourrait se stabiliser l'an prochain. Certains anticipent même une légère croissance, comme le constructeur russe Sollers qui juge possible un rebond de 1% à 2%.

Le marché russe a diminué de moitié depuis son pic de 2012. Cette année-là, les analystes estimaient qu'il pourrait dépasser quatre millions de voitures neuves d'ici 2019, ce qui en aurait fait le premier marché européen devant l'Allemagne. Mais il devrait osciller péniblement autour de 1,5 million d'unités cette année.

(Avec Gilles Guillaume à Paris et Jack Stubbs à Moscou, édité par Dominique Rodriguez)


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  • voeuxplu il y a un mois

    Eh bien cette nouvelle était attendue. Disons "plus belle sera la réussite ou plus dure sera la chute" ! La logique de cette opération ? Obtenir qu'enfin une Lada neuve soit plus chère qu'une Lada d'occasion ! La restructuration n'est pas pour demain. A suivre.