Renault souffre de la comparaison avec PSA au 1er semestre

le , mis à jour à 11:19
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* CA +12%, bénéfice net +86,4% au S1 * Marge opérationnelle du groupe 4,8%, au plus haut depuis dix ans * Impact négatif de la fin de vie de la famille Mégane * Les analystes espéraient mieux après les résultats de PSA la veille * L'action perd 7%, plus forte baisse du CAC 40 (Actualisé avec cours de Bourse, précisions) par Gilles Guillaume BOULOGNE-BILLANCOURT (Hauts-de-Seine), 30 juillet (Reuters) - R enault RENA.PA a fait état jeudi d'un bénéfice net quasi doublé au premier semestre et d'une marge opérationnelle au plus haut depuis dix ans, mais souffre de la comparaison avec le rebond spectaculaire de la rentabilité observé la veille chez son compatriote PSA Peugeot Citroën PEUP.PA . A 11h10, l'action Renault perdait 7,44% à 83,58 euros, accusant ainsi la plus forte baisse de l'indice CAC 40 .FCHI , lui-même en légère hausse (+0,2%). Le bénéfice net, part du groupe, a pourtant bondi de 86,4% à 1,4 milliard d'euros sur un chiffre d'affaires de 22,2 milliards d'euros (+12%). La marge opérationnelle a atteint pour sa part 4,8%, son plus haut niveau depuis 2005, selon des données comptables comparables. "Vu que cette saison, dans l'automobile, même ceux qui ont fait bien mieux que prévu ont été sanctionnés par le marché à des titres divers, les résultats de Renault ne sont pas jugés assez bons", commente un trader basé à Paris. "Il est clair que Renault n'a pas surpris autant que PSA hier", ajoute Morgan Stanley dans une note. "Les résultats de Renault ne traduisent pas la même amélioration opérationnelle." LA STRUCTURE DU RÉSULTAT DE RENAULT AMORCE UN VIRAGE PSA a annoncé mercredi avoir renoué au premier semestre avec un bénéfice net pour la première fois depuis quatre ans. Il a également affiché un free cash flow opérationnel de 2,78 milliards d'euros, au plus haut depuis plus de dix ans, tandis que la marge opérationnelle de sa division auto a bondi pour atteindre 5,02%. ID:nL5N1090QP "L'amélioration de la marge l'an dernier venait principalement de la réduction des coûts parce que la croissance n'était pas au rendez-vous", a expliqué à des journalistes le directeur financier de Renault, Dominique Thormann. "Une fois que vous avez atteint un niveau de compétitivité, c'est votre gamme et votre chiffre d'affaires qui doivent prendre le relais et tirer la rentabilité de l'entreprise, maintenant on amorce ce virage." Au premier semestre, l'impact positif des réductions de coûts sur le résultats opérationnel de Renault est ainsi ressorti à 219 millions d'euros, inférieur aux effets de la croissance des ventes de voitures et des ventes au partenaires (264 millions). Un an plus tôt, le schéma était diamétralement inversé, avec 412 millions d'euros liés aux économies, et 53 millions à la croissance. "Les économies sont un peu inférieures aux attentes, au final l'action avait besoin de résultats bien meilleurs que prévu pour poursuivre son élan", ajoute ISI Auto dans une note. Le titre Renault avait pris plus de 49% depuis le début de l'année avant son repli jeudi. Après Clio en 2012, Captur en 2013, Twingo en 2014 et Kadjar, Espace et Talisman en 2015, Renault achèvera le renouvellement de sa gamme européenne l'an prochain avec la famille Mégane et Scénic. La multiplication des options offertes aux clients pour écouler les modèles en fin de vie de cette dernière famille s'est traduit par un effet "mix/prix/enrichissement" négatif de 283 millions d'euros sur le résultats opérationnel du semestre. Au cours d'une conférence avec les analystes, Dominique Thormann a indiqué que le groupe était bien parti pour atteindre plus tôt que prévu son objectif de marge. Le plan "Drive the change" vise notamment une marge opérationnelle du groupe supérieure à 5% à l'horizon 2017. Pour 2015, Renault a également confirmé ses prévisions de marché - une croissance d'environ 1% à l'échelle mondiale et d'au moins 5% en Europe - ainsi que ses objectifs annuels de croissance du chiffre d'affaires et de la marge, et celui d'un free cash flow opérationnel de l'automobile positif (-95 millions au premier semestre). "Il y a autant de risques que d'opportunités au second semestre", a ajouté le directeur financier de Renault, soulignant que les marchés émergents devraient rester volatils et contrastés sur la deuxième partie de l'année. * Le communiqué : http://bit.ly/1JxaU8l (Avec Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Jean-Michel Bélot)


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