Renault sort définitivement de Volvo pour 1,47 milliard d'euros

le
0
RENAULT A CÉDÉ LE SOLDE DE SA PARTICIPATION DANS VOLVO
RENAULT A CÉDÉ LE SOLDE DE SA PARTICIPATION DANS VOLVO

par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - Renault a cédé le solde de sa participation dans Volvo pour 1,47 milliard d'euros, épilogue de son mariage raté avec le groupe suédois près de vingt ans plus tôt.

Le groupe au losange a annoncé jeudi matin avoir placé auprès d'investisseurs institutionnels la totalité des actions A qu'il détenait encore dans le constructeur de poids lourds, soit 138.604.945 actions représentant approximativement 6,5% du capital et 17,2% des droits de vote.

Le prix du placement, 92,25 couronnes suédoises par action, s'établit dans le milieu de la fourchette de 91,25 à 93,25 couronnes dont une source proche du dossier avait fait état à Reuters la veille au soir.

L'annonce de cette opération, dont le produit ira à la poursuite du désendettement du groupe et à ses investissements en France et à l'international, fait gagner 1,93% à 40,395 euros à l'action Renault vers 10h40. A la même heure, l'indice CAC 40 cède 0,2% tandis que l'indice des valeurs automobiles européennes perd 0,33%.

"Bien que le moment choisi constitue une surprise, la transaction en elle-même n'en constitue pas une étant donné que la participation n'était plus stratégique", commente Citigroup dans une note. "A 96 couronnes, l'action Volvo se situe toujours près de ses plus hauts de l'année, il est donc tout à fait logique de vendre maintenant."

"Renault a justifié le placement par la nécessité de renforcer ses finances et de financer de nouveaux investissements", ajoute la Société générale. "La cession n'étant pas justifiée comme une mesure d'urgence (...) elle devrait être bien accueillie."

Lors de l'annonce du lancement de l'opération, mercredi soir, Renault a indiqué qu'elle contribuerait à renforcer sa solidité et sa flexibilité financière, en étant affectée prioritairement à la réduction d'une dette nette déjà ramenée à 818 millions d'euros fin juin.

Dans un communiqué, Pierre Moscovici, ministre des Finances et Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, ont précisé pour leur part que 45% du produit de la cession "sera consacré au renforcement de la base industrielle de Renault en France."

L'Etat français reste le principal actionnaire de Renault avec 15% du capital.

LE SOUVENIR DE 1993

La présence du constructeur français chez Volvo remonte à 2001, année de la vente de sa division poids lourds Renault Véhicules Industriels au groupe suédois en échange d'une entrée au capital. Renault Trucks, le nouveau nom de la division, est toujours filiale de Volvo.

La vente des dernières parts de Renault dans le groupe suédois constitue l'épilogue d'un feuilleton entamé près de vingt ans plus tôt. En 1993, un projet de fusion entre Renault et Volvo -qui regroupait à l'époque les voitures et les camions de la marque- avait capoté in extremis. Six ans après cet échec, Renault retentait l'aventure avec Nissan, cette fois avec succès.

Volvo avait pour sa part revendu en 1999 son activité automobile à Ford pour ne conserver que les camions. Volvo Cars est aujourd'hui la propriété du chinois Geely.

Le désengagement du constructeur français avait été amorcé fin 2010, lorsque Renault avait cédé pour trois milliards d'euros la totalité de ses actions B qui représentaient à l'époque 14,9% du capital social et 3,8% des droits de vote de AB Volvo.

La cession finalisée jeudi lui permettra d'investir dans ses usines françaises, dont il espère améliorer la compétitivité à l'issue des négociations engagées avec les syndicats, en Russie, où il a pris le contrôle d'AvtoVAZ et en Chine, où un feu vert des autorités à la première usine Renault sur le sol chinois est attendu d'ici la fin de l'année, voire début 2013.

Avec Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Marc Joanny

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant