Renault s'inquiète du conflit social en cours en Turquie

le , mis à jour à 17:45
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(Actualisé avec le redémarrage de Ford Otosan, précisions) par Birsen Altayli ISTANBUL, 21 mai (Reuters) - Renault RENA.PA pourrait remettre en question ses investissements en Turquie si le conflit social qui a interrompu la production de sa coentreprise Oyak Renault se traduit par une montée de l'instabilité, a déclaré jeudi Jean-Christophe Kugler, directeur des opérations dans la région Eurasie. Tofas TOASO.IS et Ford Otosan FROTO.IS , filiale locale de Ford F.N , et Oyak Renault ont tous arrêté leur production en raison du conflit, qui intervient à quelques semaines des élections législatives du 7 juin et a touché leurs fournisseurs. Un responsable de Ford Otosan a déclaré à Reuters que la société avait relancé à 13h00 GMT la production interrompue la veille dans deux de ses usines. Jean-Christophe Kugler a expliqué à des journalistes que la Turquie était un marché de grand potentiel sur lequel Renault avait parié sur le long terme et que le conflit était une menace non seulement pour la Turquie, pays qui produit beaucoup de pièces détachées pour l'automobile, mais aussi pour le secteur dans son ensemble. "Si nous voyons l'instabilité arriver, nous reconsidérerons notre investissement", a-t-il ajouté lors du salon automobile d'Istanbul. Le ministre turc de l'Industrie Fikri Isik avait auparavant expliqué que la production automobile devrait reprendre sans délai, jugeant que les revendications des grévistes, qui portent sur les salaires et les conditions de travail, pouvaient être débattues sans que la production soit interrompue. "Une interruption inattendue de la production pourrait conduire le secteur automobile à se retrouver dans une position défavorable", a-t-il ajouté. Le conflit social s'est propagé à plusieurs équipementiers rassemblés dans la ville de Bursa, dans le nord-ouest du pays, centre vital de l'industrie automobile turque. La production de Tofas et d'Oyak Renault, qui représente au total plus de 40% de la production automobile turque annuelle, est interrompue depuis la fin de la semaine dernière. Les salariés grévistes expliquent que le conflit a éclaté lorsque le syndicat Turk Metal a négocié une hausse de 60% des salaires des ouvriers d'une usine de l'équipementier Bosch Fren BFREN.IS sans obtenir l'extension de l'accord à d'autres entreprises du secteur. Les salariés de Tofas, contrôlé par l'italien Fiat Chrysler FCHA.MI , et le groupe turc Koc Holding KCHOL.IS accusent Turk Metal d'être aux ordres de leur employeur et de ne pas privilégier leurs intérêts. (Avec Daren Butler, Wilfrid Exbrayat et Marc Angrand pour le service français)


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