Renault propose un gel de salaires contre plus de production

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RENAULT PROPOSE UN GEL DES SALAIRES CONTRE UNE HAUSSE DE PRODUCTION DE VÉHICULES
RENAULT PROPOSE UN GEL DES SALAIRES CONTRE UNE HAUSSE DE PRODUCTION DE VÉHICULES

PARIS (Reuters) - Renault s'est engagé mardi à affecter en 2016 à ses usines françaises la production de 80.000 véhicules supplémentaires par an de ses partenaires si les syndicats signaient l'accord de compétitivité qu'il leur propose.

Les syndicats ont déclaré pour leur part que le directeur des ressources humaines pour la France avait menacé de fermer deux sites en cas d'échec des négociations, ce que Renault a contesté.

"Renault n'a jamais indiqué que 'deux sites' pourraient être fermés en cas de non conclusion des négociations en cours sur la performance de ses sites français", a déclaré le constructeur dans un communiqué. "L'objet de ces négociations est, en cas d'accord avec les partenaires sociaux, de ne pas fermer de sites et de ne pas licencier", a-t-il souligné.

Le groupe a engagé à l'automne dernier des négociations avec les syndicats afin de rapprocher la compétitivité de ses sites français de celle de ses usines espagnoles. Dès le début du processus, il a prévenu qu'il n'y avait pas d'autre moyen de pérenniser l'avenir des sites français dans le contexte de crise structurelle du marché automobile européen.

Lors d'une septième séance de négociations, il a chiffré les volumes de production de ses partenaires, notamment Nissan ou Daimler, qu'il s'engagerait à allouer à la France en cas d'accord.

De tels volumes représenteraient 15% de la production française de Renault en 2012 et permettraient de mieux utiliser les capacités d'usines affectées par la chute des ventes de la marque au losange sur certains segments en Europe.

L'an dernier, Renault a produit 533.000 véhicules en France, un chiffre en baisse de 17,5% par rapport à 2011.

"Le déploiement de notre plan de gamme renouvelé, renforcé par ce complément d'activité, permettrait à la production de Renault en France de croître deux fois plus vite que le marché européen d'ici à 2016", a déclaré Gérard Leclercq, directeur des opérations France du groupe, cité dans un communiqué.

DES FOURGONS OU DES VOITURES?

Renault n'a pas précisé s'il s'agissait de produire des voitures Nissan ou Mercedes -ce serait une première- ou d'augmenter les volumes de véhicules utilitaires déjà produits en France chez Renault pour ses partenaires à Batilly (Moselle) ou Maubeuge (Nord).

Une porte-parole de Renault a ajouté que d'autres groupes pourraient également être sollicités. Le constructeur a ainsi déjà annoncé qu'il produirait en partie la prochaine génération du fourgon Vivaro d'Opel (General Motors) à Sandouville (Seine-Maritime), au côté du nouveau Trafic sur lequel le véhicule Opel est basé.

Vendredi, le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg avait déclaré que le PDG de Renault Carlos Ghosn s'était engagé à allouer à la France des volumes supplémentaires de production pour ses partenaires. Renault avait confirmé cet engagement, tout en précisant qu'il était conditionné à la signature d'un accord avec les syndicats.

Renault a annoncé mardi son intention de geler les salaires en 2013 et de limiter les hausses à 0,5% en 2014 et à 0,75% en 2015. En 2012, les salaires avaient augmenté en moyenne de 3%.

Au cours des séances précédentes, la direction a annoncé plusieurs autres projets: généraliser la mobilité intersites afin de faire face aux aléas de la demande, allonger de 6,5% en moyenne le temps de travail de ses usines et supprimer 8.200 emplois -7.500 si l'on tient compte des embauches prévues- en quatre ans, essentiellement via des départs naturels.

"Ce qui est nouveau, c'est qu'on est maintenant dans le donnant-donnant", a déclaré Laurent Smolnik, représentant Force ouvrière chez Renault. "Jusqu'à présent, on ne faisait qu'égrener les concessions demandées aux salariés. On a maintenant un chiffre sur les contreparties de Renault avec la promesse de volumes supplémentaires."

Selon lui, le constructeur a également évoqué la production en France de 100.000 véhicules supplémentaires par an à l'horizon 2016 correspondant au renouvellement de la gamme Renault en cours et au potentiel de reprise du marché européen.

Direction et syndicats se retrouveront dès mardi prochain. Renault compte parvenir à un accord d'ici la fin du mois ou au début de février.

Gilles Guillaume, édité par Jean-Michel Bélot

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