Renault produira pour Nissan en France si accord de compétitivité

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LA PRODUCTION DE NISSAN PAR RENAULT EN FRANCE CONDITIONNÉE À L?ACCORD DE COMPÉTITIVITÉ
LA PRODUCTION DE NISSAN PAR RENAULT EN FRANCE CONDITIONNÉE À L?ACCORD DE COMPÉTITIVITÉ

par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - Renault s'engagera à produire en France de nouveaux véhicules pour ses partenaires Nissan ou Daimler s'il parvient à un accord de compétitivité avec ses syndicats, a fait savoir vendredi le groupe automobile.

Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, avait déclaré dans la matinée que le PDG de Renault Carlos Ghosn s'était engagé auprès de lui à produire de nouveaux véhicules Nissan pour mieux charger les usines Renault en France.

Le groupe a précisé que cet engagement était conditionné à l'issue des négociations en cours sur sa compétitivité.

"La signature d'un accord nous mettra en mesure de prendre des engagements sur l'affectation de volumes venant de nos partenaires", a indiqué Renault dans une déclaration.

Renault espère parvenir à un accord fin janvier ou début février, a précisé un porte-parole.

Lors des séances de négociations qui ont déjà eu lieu, Renault avait déjà laissé entendre qu'il pourrait accueillir des productions supplémentaires de ses partenaires, mais le porte-parole a précisé qu'il n'avait jusqu'à aujourd'hui pris aucun engagement en la matière.

A ce jour, Renault et Nissan produisent déjà des voitures l'un chez l'autre, mais uniquement hors d'Europe. Nissan utilise ainsi une usine Renault au Mexique, tandis que Renault assemble des voitures dans une usine Nissan en Afrique du Sud et en Inde.

En Europe, ces échanges sont cantonnés aux véhicules utilitaires. L'actuel Trafic de Renault est ainsi assemblé en partie chez Nissan en Espagne, tandis qu'en France, où Nissan n'a pas d'usine, le site Renault de Batilly (Moselle) fabrique pour lui un dérivé du fourgon Master. A Maubeuge (Nord), c'est un dérivé du Kangoo que l'usine Renault fabrique pour Daimler.

MONTEBOURG A EU GHOSN AU TÉLÉPHONE

Le ministre du Redressement productif a déclaré sur BFM TV et RMC qu'il s'était entretenu jeudi par téléphone avec Carlos Ghosn après l'annonce, mardi, de la suppression par Renault de 7.500 emplois en France d'ici 2016, essentiellement via des départs naturels.

"Je lui ai dit, je souhaite que vous mettiez dans la discussion, dans la négociation avec les syndicats, le fait que comme vous êtes aussi le dirigeant de Nissan et que Renault contrôle Nissan, que Nissan se porte au secours des usines françaises et mette du travail sur les chaînes françaises", a dit Arnaud Montebourg.

"La réponse est positive", a ajouté le ministre.

À la question, "va-t-on construire des Nissan dans les usines Renault en France ?", il a répondu: "C'est ce que j'ai demandé (...) La réponse est oui."

Renault, qui détient 43,4% du japonais Nissan, a fait état vendredi d'une baisse de 6,3% de ses ventes mondiales en 2012, la vigueur du groupe à l'international n'ayant que partiellement compensé sa chute en Europe.

Arnaud Montebourg, qui avait vivement critiqué en 2012 le plan de restructuration de PSA Peugeot Citroën, a estimé mercredi que le plan de suppressions de postes annoncé par Renault ne dépassait pas les lignes rouges fixées par le gouvernement, car il ne prévoyait ni licenciement ni fermeture de site.

La direction de Renault propose un gel des embauches, a souligné vendredi Arnaud Montebourg, "je trouve que c'est une meilleure solution".

Avec Chine Labbé, édité par Dominique Rodriguez

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