Renault produira jusqu'à 25.000 fourgons Fiat par an

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RENAULT SIGNE UN PARTENARIAT AVEC FIAT SUR LA PRODUCTION DE FOURGONS
RENAULT SIGNE UN PARTENARIAT AVEC FIAT SUR LA PRODUCTION DE FOURGONS

par Gilles Guillaume

SANDOUVILLE (Seine-Maritime) (Reuters) - Renault a confirmé mardi que le futur véhicule utilitaire dont Fiat va lui confier la production serait fabriqué à Sandouville à raison de 15.000 à 25.000 unités par an.

Le fourgon Fiat, future génération du Scudo selon des sources proches du dossier, est actuellement assemblé avec PSA Peugeot Citroën à Sevelnord (Nord) dans le cadre d'un partenariat auquel le groupe italien a mis fin. A Sandouville, le véhicule partagera, à compter du deuxième trimestre 2016, la plate-forme du Renault Trafic et de l'Opel Vivaro.

"Ce nouveau partenariat en France n'aurait pas été possible sans la signature de l'accord de compétitivité l'an dernier", a déclaré le PDG de Renault Carlos Ghosn, venu accueillir le ministre de l'Economie Emmanuel Macron pour l'inauguration de la chaîne de montage flambant neuve d'un demi-kilomètre de long. "Nos usines françaises sont redevenues attractives, non seulement pour le groupe Renault mais pour d'autres constructeurs."

L'accord entre Renault et Fiat porte sur un volume cumulé estimé à 100.000 véhicules sur la première tranche de vie du véhicule, soit six ans. En ajoutant le Trafic, fabriqué l'an dernier à 67.500 exemplaires, la production du site approcherait de sa capacité actuelle de 100.000 unités par an en deux équipes.

L'usine de Sandouville était jusqu'à présent spécialisée dans les véhicules haut de gamme du groupe - Espace et Laguna - dont la production sera transférée à partir de l'an prochain sur le site de Douai (Nord). En échange, l'usine de Seine-Maritime ne produira plus que des véhicules utilitaires, à l'image des sites Renault de Maubeuge (Nord) et Batilly (Moselle).

Dans ce but, le site a été profondément remanié moyennant un investissement de 230 millions d'euros, notamment pour creuser un bassin de traitement anticorrosion suffisamment profond pour immerger un fourgon.

Carlos Ghosn et Emmanuel Macron se sont félicités que le site commence ainsi une nouvelle vie, même si avec un volume de 100.000 véhicules et un effectif de 2.000 salariés environ en CDI, l'usine est loin de ses 6.500 salariés et 250.000 voitures par an de 2002.

"Comment un gouvernement dit de gauche, qui fait de la lutte contre le chômage son cheval de bataille, peut-t-il accepter l'emploi précaire d'autant d'intérimaires ?", a écrit la CGT du site dans un tract adressé au ministre de l'Economie. "Vous êtes l'un des actionnaires principaux et avez les moyens d'interagir dans les choix stratégiques qui doivent être créateurs d'emplois en CDI."

Emmanuel Macron a répondu que l'Etat, qui détient 15% de Renault, n'avait pas vocation à se substituer à la direction générale de l'entreprise, mais il a dit espérer qu'une partie des emplois temporaires créés pour la montée en régime du site seront pérennisés.

"De nouvelles productions vont venir se faire ici, et je compte sur vous (M. Ghosn) pour en attirer encore plus", a déclaré le ministre de l'Economie. "Il faut que de nouveaux volumes arrivent."

Emmanuel Macron a notamment évoqué Nissan, dont le fourgon Primastar est fabriqué sur la plate-forme de l'ancien Trafic. Carlos Ghosn a répondu que le partenaire japonais de Renault n'avait pas encore pris définitivement sa décision.

(Edité par Patrick Vignal)

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