Renault Nissan cède la présidence d'Avtovaz au russe Rostec

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LA PRÉSIDENCE D'AVTOVAZ CÉDÉE AU RUSSE ROSTEC
LA PRÉSIDENCE D'AVTOVAZ CÉDÉE AU RUSSE ROSTEC

PARIS (Reuters) - L'alliance Renault-Nissan a cédé à l'entreprise d'Etat russe Rostec la présidence d'Avtovaz, poursuivant ainsi la vaste reconfiguration des pouvoirs engagée à la tête du constructeur automobile russe en difficulté.

Le fabricant de la Lada, malmené par la crise du marché automobile en Russie et en profonde restructuration, a déjà changé de directeur général en avril lorsque le DG de Renault Roumanie Nicolas Maure a remplacé Bo Andersson avant la fin de son mandat.

Renault-Nissan a annoncé lundi la nomination de Sergueï Skvortsov comme président du conseil d'administration d'Avtovaz, qui succédera ainsi à Carlos Ghosn, le PDG de Renault-Nissan. Directeur général adjoint de Rostec, Sergueï Skvortsov prendra ses fonctions lors de l'assemblée générale d'Avtovaz le 23 juin.

Denis Le Vot, directeur de la région Eurasie chez Renault, deviendra quant à lui vice-président du conseil d'administration d'Avtovaz.

Carlos Ghosn présidait le conseil du groupe russe depuis 2013, période marquée par la prise de contrôle d'Avtovaz par Renault-Nissan puisque celle-ci a été annoncée en 2012 et finalisée en 2014.

"M. Ghosn (...) est président d'Alliance Rostec Auto BV, la holding qui contrôle Avtovaz", rappelle Renault-Nissan dans son communiqué, avant d'ajouter: "Carlos Ghosn tout comme Sergueï Chemezov, PDG de Rostec, continueront de jouer un rôle actif dans la stratégie de développement d'Avtovaz."

Dans un communiqué séparé, le constructeur russe a annoncé que Carlos Ghosn et Sergueï Chemezov quitteraient aussi le conseil d'administration d'Avtovaz fin juin à leur demande.

Avtovaz est contrôlé par Alliance Rostec Auto, coentreprise qui possède 74,5% du constructeur. Alliance Rostec Auto est elle-même détenue à 67% par Renault-Nissan - 50,1% pour le groupe français et 17,03% pour son partenaire japonais - et à 33% par Rostec.

Renault prévoit cette année une nouvelle baisse de 12% environ du marché automobile russe, qui a déjà chuté de moitié depuis 2012.

Cette situation, qui fait toujours paraître risqué le pari de 2008 lorsque Renault avait pris 25% d'Avtovaz pour un milliard de dollars, a conduit le groupe français à déprécier en février son investissement dans cette entreprise russe. Avtovaz fait également l'objet de discussions entre ses actionnaires sur une prochaine recapitalisation.

(Gilles Guillaume et Laurence Frost, avec Lidia Kelly à Moscou, édité par Dominique Rodriguez)

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