Renault ne mise pas encore sur la Chine

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Dans une interview à BFM Radio ce vendredi, Carlos Ghosn estime que son groupe n'est pas encore «prêt» pour investir à nouveau sur le premier marché automobile au monde. Le constructeur préfère se concentrer sur les voitures électriques.

«Le pire est de rentrer sur un marché sans être prêt». Carlos Ghosn, patron de Renault, a estimé ce vendredi au micro de BFM radio que le constructeur français n'irait pas encore investir sur le marché chinois. Alors que Peugeot se fixe pour ambition d'en faire son premier marché, Carlos Ghosn estime pour sa part que le timing n'est pas idéal pour son groupe : «Il faut les ressources nécessaire. La Russie, l'Inde, le Brésil, l'électrique, c'est déjà beaucoup. Se lancer nécessite des investissements colossaux. J'attends qu'on soit prêt.»

Il assure toutefois que «le retard se rattrapera». En attendant, Renault est déjà présent sur le marché chinois via son allié Nissan, rappelle-t-il. Le japonais, détenu à 43% par Renault, a déclaré il y a deux semaines, qu'il prévoyait de doubler sa production, pour la porter de 670.000 véhicules par an à 1,2 million d'ici à 2012.

Le pari de l'électrique

A la veille de l'ouverture du Mondial de l'automobile à Paris, le constructeur préfère évoquer le secteur électrique. Carlos Ghosn, qui présente son groupe comme «le pionnier» du segment «zéro émission», estime que «15% à 20%» de ses voitures ont vocation à être électriques.

Le constructeur a dévoilé les prix de ses deux modèles de ce type qui seront commercialisés à la mi-2011. La Kangoo sera vendue à partir de 15.000 euros, tandis que la berline familiale Fluence sera proposée à 21.300 euros, hors frais de location de la batterie. «C'est le prix d'un diesel», estime Carlos Ghosn, qui balaye les critiques sur les prix trop élevés de ces technologies. «On consomme moins d'énergie», tient-il à préciser. «Nous sommes fournisseurs et recycleurs de batterie. Nous nous assurons aussi que le coût de la borne soit raisonnable pour satisfaire aux préoccupations des clients».

La stratégie de Renault s'inscrit dans une démarche logique, suivie par tout le secteur automobile aujourd'hui, estime le patron du constructeur français. «C'est un segment incontournable. Un défi pour l'industrie».

«La crise est derrière nous»

Concernant la santé du marché automobile français, Carlos Ghosn s'est montré rassurant. «La crise est derrière nous. Nous avons souffert et nous avons beaucoup appris», estime-t-il. Signe que la page est tournée, Renault devrait connaître «une année 2010 record en matière de vente en volume mais pas encore en valeur». Le patron du groupe assure que la hausse de la productivité enregistrée chez tous les constructeurs devrait amener, à terme, à une baisse générale des prix des véhicules en France. Il prévoit donc une nette embellie pour le marché automobile en 2011.

Interrogé sur les surcapacités de production qui affectent les usines françaises, Carlos Ghosn a rappelé qu'il s'agissait d'«un problème européen, qui n'est pas singulier à la France». La solution au problème est claire: «Une réduction de ces capacités plutôt que des fermetures. Les Etats-Unis ferment des usines. En Europe, cette solution radicale n'est pas acceptée».

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