Renault maintient son plan électrique malgré Better Place

le
0
RENAULT COMPTE TOUJOURS MISER SUR L'ÉLECTRIQUE MALGRÉ LA FAILLITE DE BETTER PLACE
RENAULT COMPTE TOUJOURS MISER SUR L'ÉLECTRIQUE MALGRÉ LA FAILLITE DE BETTER PLACE

PARIS (Reuters) - Renault a relativisé lundi l'impact de la faillite de Better Place, son partenaire dans les systèmes de recharge de batteries, son PDG Carlos Ghosn déclarant que cela ne remettait pas en cause la stratégie du groupe automobile français dans le véhicule électrique.

L'entreprise israélienne a annoncé dimanche son dépôt de bilan, le projet pilote de stations d'échange automatique de batteries qu'il déployait en Israël et au Danemark pour des voitures Renault n'ayant pas atteint ses objectifs financiers.

"Je regrette ce qui s'est passé, c'est une mauvaise nouvelle, mais ça ne remet en cause ni la continuité de notre offensive au niveau des voitures électriques, ni les technologies sur lesquelles Better Place avait fondé son approche, celle de la batterie interchangeable", a déclaré devant la presse Carlos Ghosn, qui remettait sur les Champs-Elysées les clés d'une Zoé électrique à Martin Bouygues, PDG du groupe Bouygues.

"Comme dans toute innovation, vous êtes amené de temps en temps à réussir certaines coopérations, il y en a d'autres qui disparaissent", a-t-il ajouté.

L'alliance Renault-Nissan se veut en pointe en matière de véhicule électrique, moyen de transport silencieux et non polluant mais qui peine à s'imposer en raison notamment d'un coût d'acquisition plus élevé, d'une autonomie limitée et de la lenteur du déploiement des bornes de recharge. Le numéro deux de Renault, Carlos Tavares, déplorait encore la semaine dernière des infrastructures électriques toujours jugées insuffisantes en France.

Dans son argumentaire en faveur du véhicule "zéro émission", Renault présentait le "quick drop" développé pour Better Place comme la plus avancée des solutions de recharge. Elle permettait de faire le plein aussi vite que pour une voiture à essence, la batterie vide étant remplacée en un tour de main par une batterie pleine.

En Bourse, l'action Renault figure lundi parmi les quelques baisses de l'indice CAC 40 avec un repli de 0,22% à 15h.

PART TRÈS LIMITÉE DU 'QUICK DROP'

Dans le cadre de son partenariat noué en 2008-2009, Renault prévoyait de vendre 100.000 voitures Fluence électriques à Better Place à l'horizon 2016. Un millier de véhicules seulement ont été livrés au groupe, qui avait installé 38 stations en Israël et 17 au Danemark.

"L'ensemble des volumes commercialisés par Better Place, ramenés aux volumes de véhicules électriques commercialisés par l'alliance Renault-Nissan, c'est à peine un peu plus de 1% du volume total", a souligné Gilles Normand, directeur de la région Asie-Pacifique de Renault, lors d'une téléconférence. "Ce qui veut bien dire qu'il ne s'agit pas du tout d'une remise en cause de notre stratégie liée au véhicule électrique."

Il a ajouté que le "quick drop" représentait "une part extrêmement limitée" des quatre milliards d'euros que Renault et Nissan comptent investir dans l'électrique d'ici 2015.

Par ailleurs à Berlin, la chancelière Angela Merkel a réaffirmé lundi lors d'une conférence sur le véhicule électrique son objectif d'un million de ces voitures sur les routes d'Allemagne d'ici à la fin de la décennie.

Les Allemands restent très réservés sur ce nouveau type de motorisation, et moins de 3.000 voitures électriques ont été immatriculées en Allemagne l'an dernier, soit une part de marché de l'ordre de 0,1%.

En France, le marché de l'électrique reste aussi embryonnaire avec 5.600 ventes en 2012, soit 0,3% du marché. Carlos Ghosn a toutefois souligné que ce segment connaissait un développement rapide dans le pays, avec un doublement des ventes d'une année sur l'autre au premier trimestre 2013.

Gilles Guillaume, avec Christiaan Hetzner à Berlin, édité par Dominique Rodriguez

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant