Renault-L'Etat monte au capital pour maintenir son influence

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(Actualisé avec précisions, cours) par Jean-Baptiste Vey et Gilles Guillaume PARIS, 8 avril (Reuters) - L'Etat français a annoncé mercredi son intention d'acquérir jusqu'à 4,73% supplémentaires du capital de Renault RENA.PA pour s'assurer de disposer de droits de vote doubles à l'issue de l'assemblée générale du groupe automobile le 30 avril. Cette acquisition, dont une grande partie a déjà été réalisée mardi, se fera pour un prix compris entre 814 millions et 1,232 milliard d'euros, précisent les ministères de l'Economie et des Finances dans un communiqué. Elle "ne préfigure en aucun cas un mouvement durable à la hausse ou à la baisse" de la participation de l'Etat dans Renault, ajoutent-ils. L'Etat, qui détenait 15,01% du capital de Renault avant cette opération, verra sa participation augmenter jusqu'à 19,74% grâce à l'acquisition d'un maximum de 14 millions d'actions. Il a déjà acquis 9,56 millions d'actions sur le marché par l'intermédiaire d'une banque, le solde de 4,4 millions d'actions pouvant être acquis par cette banque pour le compte de l'Etat, à un prix plafonné. Vers 11h10, l'action Renault fait du surplace (-0,09%) dans un marché lui aussi quasi-stable (+0,15% pour le CAC 40). "Il est difficile de lire l'impact d'une annonce aussi surprenante", commente un trader en poste à Paris. "Il reste 4,4 millions d'actions à acheter au cours des prochaines semaines, ce qui pourrait soutenir le cours. Cependant, le doublement des droits de vente de l'Etat français lui permettrait de réduire sa participation tout en conservant son influence future. Cela soulève de toute manière des questions sur les relations entre le management et son principal actionnaire." QUE VA PENSER NISSAN ? La montée de l'Etat au capital va également susciter des questions chez Nissan 7201.T , deuxième actionnaire du groupe avec 15% du capital. "A priori, Nissan sera probablement courroucé alors qu'il ne trouve déjà pas normal de ne pouvoir exercer ses droits de vote dans Renault", indique une source du constructeur. Ce renforcement de l'Etat intervient également sur fond de débat récurrent sur l'évolution future de la structure capitalistique de l'alliance, jugée parfois côté japonais trop favorable au groupe français, qui détient 43,4% de Nissan. "L'annonce de mercredi dénote une volonté très ferme de l'Etat, une volonté certaine de peser dans les décisions futures d'évolution de Renault et de l'alliance, et ne pas rester un acteur impuissant", a ajouté la source de Renault. Aucun commentaire n'a pu être obtenu dans l'immédiat auprès de Renault ou de Nissan. L'Etat a également acquis des options de vente à prix fixe pour une durée de six mois. "Ceci permettra, si l'Etat le souhaite, de dénouer cette opération à cet horizon-là en sécurisant ses intérêts patrimoniaux et en minimisant le risque sur l'évolution du cours de Renault", a-t-on expliqué dans l'entourage du ministre de l'Economie. L'opération doit permettre à l'Etat de s'assurer du rejet lors de l'assemblée générale de Renault d'une résolution visant à empêcher l'acquisition de droits de vote doubles par les actionnaires détenant des titres depuis plus de deux ans. "Notre objectif, c'est de sécuriser les droits de vote doubles", pas d'augmenter durablement la participation de l'Etat au-delà du niveau de 15%, a-t-on ajouté. L'acquisition de droits de vote doubles, une disposition de la loi "Florange" de 2014, vise à favoriser l'actionnariat de long terme. Le partenaire de Renault, le groupe japonais Nissan, ne pouvant prendre part au vote car il est lié à Renault, l'Etat disposera avec 19,74% du capital de l'équivalent de 23,2% des droits de vote, un niveau jugé suffisant pour faire obstacle à la résolution, a-t-on précisé. Des droits de vote doubles sont en place dans 22 entreprises du CAC 40 .FCHI et d'autres rejoindront ce groupe avec la mise en oeuvre de la loi "Florange". L'Etat devrait bénéficier de droits de vote doubles dans des groupes comme EDF EDF.PA , GDF Suez GSZ.PA ou Orange ORAN.PA , qui lui permettront de maintenir son influence même s'il décidait de réduire sa participation. ID:L5N0W02CO et ID:nL6N0X015B La vente de certaines participations de l'Etat est prévue pour contribuer à l'effort de maîtrise de l'endettement public. Il est d'ores et déjà prévu cette année pour 4 milliards d'euros de cessions et le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, a annoncé en octobre que 5 à 10 milliards d'euros de cessions seraient réalisés dans les 18 mois. Le communiqué de Bercy : http://bit.ly/1CeaPyY (Jean-Baptiste Vey, Gilles Guillaume et Laurence Frost, édité par Jean-Michel Bélot)


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