Renault: l'Alliance avec Nissan s'étend à Mitsubishi.

le
0

(CercleFinance.com) - La fameuse Alliance qui unit le constructeur automobile Renault à Nissan Motor va compter un membre de plus : Mitsubishi Motors. Va-t-on vers un complexe “ménage à trois” ? Pas si sûr : l'arrivée de ce “petit” constructeur japonais ne devrait pas modifier fondamentalement l'équilibre de l'association franco-japonaise - sinon nippo-française.

En effet, Renault détient de longue date 43,4% du capital de Nissan, qui en retour possède 15% de celui du constructeur français. C'est ce que les deux groupes dont Carlos Ghosn est le patron appellent “l'Alliance”, et qui comprend notamment des échanges industriels. Mais aussi, via des accords complexes, une sorte de principe de “non intervention” de Renault au sein des affaires stratégiques de Nissan.

Elément clé : le géant automobile qu'est Nissan Motors est en bien meilleure forme qu'aux débuts de son alliance avec Renault. D'ailleurs, en Bourse, Nissan pèse l'équivalent de 36 milliards d'euros, à comparer avec 24,5 milliards pour Renault, qui est pourtant sa maison mère.

Nissan jouit donc d'une certaine autonomie, même si sa stratégie peut difficilement laisser Renault sur le bord du chemin. C'est d'ailleurs le sens de l'annonce de ce matin, qui signe l'entrée de Mitsubishi Motors dans l'“Alliance”.

En effet, Nissan Motor a signé un protocole portant sur l'acquisition prochaine de 34% de Mitsubishi Motors, moyennant 237 milliards de yens (un peu moins de deux milliards d'euros). Renault n'est pas impliqué dans ce schéma. Rappelons que la valeur boursière de Mitsubishi Motors a chuté de 44% sur un an après la reconnaissance de fraudes sur les tests d'émission de ses véhicules.

Nissan va donc devenir le premier actionnaire de Mitsubishi Motors, qu'il connaît déjà via des partenariats industriels qui vont faire place à une ““alliance stratégique de grande échelle” portant sur les usines, les technologies, les véhicules, etc. Les deux groupes nippons évoquent des synergies importantes et précisent que la marque Mitsubishi demeurera.

Notons aussi que la présidence du conseil d'administration de Mitsubishi Motors reviendra sous peu à un membre de Nissan (non désigné pour l'instant), qui récupérera aussi des sièges au conseil à concurrence de sa participation.

Mais que pèse Mitsubishi ? Sa capitalisation, l'équivalent de 4,6 milliards d'euros à la Bourse de Tokyo - Kabuto Sho -, indique que le poids du troisième membre de l'Alliance est bien plus réduit que celui des deux autres. D'ailleurs, si Mitsubishi vend un peu plus d'un million de véhicules par an, Renault et Nissan en ont placé l'an dernier 8,5 millions, dont 5,4 millions pour Nissan, véritable poids lourd de l'Alliance.

Dans une note de recherche, Oddo & Cie dresse d'ailleurs un portrait sévère de Mitsubishi Motors : après avoir mené une 'stratégie de saupoudrage', ce dernier est certes 'présent partout' (sur tous les marchés géographiques et tous les segments de produits), mais aussi 'faible partout', sanctionnent les analystes. Ses 'capacités de développement qui semblent désormais limitées', et l'aveu récent du mensonge sur le niveau effectif des émissions de ses véhicules fait figure de 'coup de grâce'.

En revanche, Nissan réduira ainsi la concurrence sur son marché domestique et aux Etats-Unis. Ainsi, dans une moindre mesure, qu'en Europe.

EG


Valeur associée
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant