Renault et Nissan doubleront leurs synergies d'ici 2016

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RENAULT ET NISSAN DOUBLERONT LEURS SYNERGIES D'ICI 2016
RENAULT ET NISSAN DOUBLERONT LEURS SYNERGIES D'ICI 2016

par Gilles Guillaume et Laurence Frost

PARIS (Reuters) - Renault et Nissan veulent doubler à quatre milliards d'euros d'ici 2016 les nouvelles synergies dégagées grâce à leur alliance pour faire face, notamment, au durcissement des conditions de marché en Europe, a-t-on appris de sources proches des deux groupes.

Ce chiffre a été annoncé en interne lors d'une convention des cadres de Renault et Nissan organisée fin septembre à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) à la veille du Mondial de l'automobile.

"L'objectif (de cette convention) était de voir comment, au bout de 13 ans, l'alliance pouvait accélérer ses synergies dans tous les domaines", a indiqué à Reuters une des sources, proche de Renault.

"(Le PDG de Renault et de Nissan) Carlos Ghosn a annoncé qu'il nous faudrait rechercher de nouvelle synergies représentant le double de ce que nous avons obtenu au jour d'aujourd'hui", a ajouté une autre source, proche cette fois de l'alliance. L'année 2016 correspond au terme de l'actuel plan stratégique de Renault, "Drive the change".

Vers 14h50, l'action Renault prenait 6,56% à 36,61 euros, après avoir gagné un temps près de 10% après la publication de ces informations par Reuters.

Pour atteindre ce nouvel objectif de synergies, les deux partenaires réfléchissent à un renforcement de leur holding Renault-Nissan BV, basée aux Pays-Bas, ont précisé plusieurs de ces sources. Cette structure, au siège de laquelle s'est tenue le dernier conseil d'administration de Renault, détient actuellement 100% des deux coentreprises chargées de piloter les synergies dans les achats et l'informatique.

Selon les sources, les coentreprises pourraient voir leurs compétences élargies ou d'autres coentreprises pourraient voir le jour, par exemple dans la logistique.

En parallèle, des responsables de Renault et Nissan examinent également la structure de l'alliance, selon les sources interrogées par Reuters. Celles-ci ont précisé que les discussions en étaient encore à un stade très préliminaire. Renault détient actuellement 43,4% de Nissan, et Nissan 15% de Renault, au coude-à-coude avec l'Etat français, principal actionnaire du groupe au losange.

Une porte-parole de Renault-Nissan a refusé de faire un commentaire sur l'objectif de synergies ou sur une éventuelle évolution de la structure de l'alliance.

UNE DISSYMÉTRIE HISTORIQUE

Depuis leur mariage en 1999, les deux partenaires mettent en commun un nombre croissant de moyens afin d'optimiser leurs coûts : achats, systèmes informatiques, mais aussi moteurs et plates-formes. En 2009, Renault-Nissan avait réalisé 1,5 milliard d'euros de nouvelles synergies. Cette année, Carlos Ghosn s'est fixé pour objectif 2,1 milliards d'euros.

Le PDG de Renault-Nissan a une nouvelle fois réaffirmé au Mondial de l'automobile que l'amélioration opérationnelle de Renault primait sur une éventuelle évolution de la structure de l'alliance. Les investisseurs attendent depuis longtemps en revanche une évolution qui permettrait de mieux refléter le poids respectif des deux partenaires et de simplifier le calcul de la valorisation du constructeur français.

La capitalisation boursière de Renault avoisinait à la clôture de vendredi dix milliards d'euros, soit moins que la valeur de ses participations. Nissan, dont les ventes en volume ont représenté l'an dernier 1,7 fois celles de son partenaire français, pèse de son côté près de 30 milliards d'euros en Bourse.

Le déséquilibre entre les participations des deux alliés - Nissan ne peut pas de surcroît exercer les droits de vote attachés à ses actions - remonte aux origines. Renault avait alors volé au secours de Nissan, en grande difficulté financière, en prenant une participation de 36,8% dans Nissan Motor, de 15,2% dans Nissan Diesel et en rachetant les cinq filiales financières de Nissan en Europe.

En 2002, année marquée par une poursuite de la sortie de l'Etat français du capital de Renault, le groupe au losange était monté à 44,4% dans Nissan, tandis que ce dernier avait fait en échange son entrée au capital de Renault.

Depuis, l'équilibre capitalistique entre les deux alliés a peu évolué, exception faite de l'année 2010, quand l'arrivée du partenaire Daimler a entraîné une légère réduction à 43,4% de la part de Renault dans Nissan.

Renault et Nissan ont toutefois rééquilibré cette année leurs poids respectifs au sein d'AvtoVAZ, le constructeur automobile russe dont le groupe français détenait tout seul 25% depuis 2008. A l'occasion de la prise de contrôle par l'alliance du fabricant des Lada, Renault montera d'ici à 2014 à 35% dans AvtoVAZ, tandis que Nissan y fera son entrée à hauteur de 15%.

Edité par Jean-Michel Bélot

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