Renault dévoile sa future Alpine à Monaco

le
0
    * Le concept car "Alpine Vision" symboliquement présenté à 
Monaco 
    * La berlinette ultra-légère à moteur arrière sera lancée en 
2017 
    * Reprendre l'ADN de la célèbre A110 sans tomber dans le 
néo-rétro 
    * Un moteur 4 cylindres turbo pour passer de 0 à 100 km/h en 
4,5 secondes 
 
    par Gilles Guillaume 
    MONACO, 16 février (Reuters) - Renault  RENA.PA  a dévoilé 
mardi à Monaco, haut lieu d'élégance sportive, un concept car 
qui préfigure la voiture avec laquelle il va ressusciter la 
légendaire marque Alpine et tenter de pénétrer le club très 
fermé des bolides premium. 
    L'engin, version quasi définitive de l'automobile qui sera 
présentée à la fin de l'année pour une commercialisation  
courant 2017, reprend plusieurs fondamentaux de la célèbre 
berlinette A110 des années 1960-1970, dont 80 exemplaires de 
collection étaient alignés pour l'occasion le long du quai 
Albert 1er. 
    Comme sa devancière, championne du monde des rallyes en 1973 
et encore dans les mémoires avec ses gros antibrouillards ronds, 
elle est extrêmement légère pour optimiser le rapport 
poids-puissance et rester sportive sans devoir pour autant 
embarquer un bloc moteur de 'muscle car' américaine. 
    Elle reprend aussi l'architecture à motorisation arrière et 
à propulsion, gage d'une plus grande 'sportivité', mais a 
abandonné pour le concept car le bleu traditionnel de la plupart 
des A110 pour un blanc nacré.  
    Renault a annoncé mardi que son moteur, un quatre cylindres 
turbo, permettrait à la voiture d'atteindre 100 kilomètres/heure 
en seulement 4,5 secondes. 
    "Il s'agit d'une nouvelle étape dans l'exploitation de notre 
savoir-faire et de nos technologies dans le monde de la 
compétition pour en faire bénéficier nos véhicules de série", 
déclare le PDG de Renault Carlos Ghosn, cité dans un communiqué. 
"Notre objectif étant de toucher de nouveaux clients dans le 
segment des sportives premium." 
    Au cours d'une conférence de presse, Carlos Ghosn a laissé 
entendre que d'autres modèles pourraient suivre si le retour 
d'Alpine est couronné de succès.  
    "Pour construire une marque, une voiture ne suffit pas (...) 
mais nous devons procéder par étape", a-t-il dit. 
     
    EXIGENCES DE MODERNITÉ 
    La marque Alpine a été arrêtée en 1995 mais sa notoriété 
dépasse toujours les frontières françaises. Le véhicule sera 
commercialisé d'abord en Europe mais devrait être proposé par la 
suite au Japon, en Chine, en Australie, en Amérique latine ou  
dans les pays du Golfe. 
    Le volume de production dans l'usine historique de Dieppe 
(Seine-Maritime) était estimé l'an dernier à 3.000 unités par 
an, avec un pic autour de 5.000 au moment du lancement. 
    "Il aurait été dommage de laisser en sommeil un aussi bel 
actif. Renault a besoin de choses piquantes pour se distinguer 
des autres", a déclaré Jérôme Stoll, ancien directeur de la 
Performance du groupe et aujourd'hui chargé de mission 
compétition sport auto, en marge de l'événement. 
    Les artisans de la relance d'Alpine, née en 1955, doivent 
jongler entre la nostalgie qui entoure la marque et les 
exigences de modernité d'une nouvelle clientèle située surtout 
hors d'Europe. 
    Loin du néo-rétro, Renault joue la carte de l'élégance et du 
luxe à la française avec un style moins italien que l'Alfa 4c et 
une plus grande agilité à faible vitesse que la Porsche Cayman, 
deux grandes références face auxquelles l'Alpine tentera de se 
distinguer. Le tarif de l'Alfa et de la Porsche débute à 50.000 
euros, celui du roadster Lotus Elise, autre référence du 
secteur, autour de 35.000 euros. 
    Relancé par Carlos Tavares avant qu'il quitte Renault pour 
prendre la tête de PSA Peugeot Citroën  PEUP.PA , le projet 
Alpine a été porté pendant deux ans au sein d'une coentreprise 
avec Caterham. Renault a racheté en juin dernier la 
participation de son partenaire britannique et est monté à 100% 
dans le projet. 
    Alpine cultivera sa différence avec Renault, dont elle 
n'arborera plus le losange sur le capot comme par le passé. 
     
    UN ANCIEN D'ASTON MARTIN PREND LA TÊTE D'ALPINE 
    L'objectif est de séduire une clientèle européenne mais 
aussi de surfer sur l'image plus sportive que le constructeur 
français veut désormais projeter dans les marchés émergents, 
Chine en tête, avec conjointement la production du 4X4 urbain 
Kadjar dans sa première usine chinoise et un retour à part 
entière en Formule 1. 
    Dans cette optique, Renault a annoncé lundi que Michael van 
der Sande, actuellement directeur du marketing du groupe, 
deviendrait à compter du 1er mars directeur général d'Alpine, 
rattaché hiérarchiquement à Thierry Koskas, directeur commercial 
du groupe.  
    Michael van der Sande apporte une précieuse expérience des 
niches premium à un moment où Renault va devoir constituer pour 
Alpine un réseau commercial dédié, où les clients attendent 
notamment une relation plus exclusive que dans une concession 
classique.  
    Il a travaillé chez Rolls Royce  RR.L , Bentley  VOWG_p.DE , 
Tesla  TSLA.O  et Aston Martin, ainsi que chez Harley Davidson 
 HOG.N , dont le réseau de vente communautaire peut servir 
d'exemple pour une marque de voiture sportive. 
    Jérôme Stoll a déclaré qu'offrir aux clients la possibilité 
de venir chercher leur Alpine directement à l'usine de Dieppe 
faisait partie des pistes de réflexion. 
    Bernard Ollivier, qui a conduit le projet Alpine jusqu'à 
présent, deviendra directeur général adjoint de la marque et 
rejoindra avec l'ensemble de son équipe actuelle la direction 
commerciale du groupe Renault.  
 
 (Avec Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Dominique 
Rodriguez) 
 

Valeurs associées
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant