Renault dévoile la Clio 4 dans un contexte incertain

le
0
Renault dévoile la Clio 4 dans un contexte incertain
Renault dévoile la Clio 4 dans un contexte incertain

PARIS (Reuters) - Les automobilistes pourront commander dans quinze jours la nouvelle Clio de Renault, un modèle stratégique pour redonner un coup de fouet aux ventes du constructeur automobile en France et en Europe.

La 4e génération de la Renault la plus vendue au monde, dont les premières photos ont été dévoilées mardi, sera présentée en octobre au Mondial de l'auto à Paris, puis commercialisée dans la foulée du salon. Le constructeur compte sur elle pour redresser des ventes en baisse de 19,6% au premier semestre en France, malgré un rebond en juin.

"Nous ne donnons jamais d'objectifs chiffrés, mais l'arrivée de ce véhicule doit nous permettre d'atteindre notre objectif stratégique sur l'Europe qui est de reconquérir la 2ème place pour la marque Renault", a déclaré mercredi le directeur commercial du groupe au losange Jérôme Stoll au cours d'un débat organisé sur internet.

Plus légère et élancée que sa devancière, commercialisée l'an dernier à environ 300.000 exemplaires, la Clio 4 porte la griffe du nouveau directeur du design Laurens van den Acker. Si le profil avant rappelle celui de la Clio 3, la calandre porte la nouvelle identité de la marque tandis que l'arrière a des airs d'Alfa Romeo.

Si Renault assure que le prix sera dans la continuité de la génération précédente, Clio 4 ne sera disponible qu'en cinq portes, soit le deuxième prix de la gamme actuelle (à partir de 14.500 euros). Le tarif d'entrée (14.000 euros pour une version trois portes) restera disponible, mais seulement avec l'ancienne Clio 3 qui cohabitera un temps avec sa remplaçante.

Une version sport, assemblée à Dieppe (Seine-Maritime), sera également proposée, ainsi qu'un break, actuellement produit exclusivement dans l'usine turque du groupe pour la Clio 3.

LE SUJET SENSIBLE DE LA TURQUIE

Renault a refusé d'apporter des précisions sur la future répartition géographique de la production entre l'usine de Flins (Yvelines) et celle de Bursa en Turquie.

Le sujet est très sensible depuis la première affaire Clio 4, en janvier 2010. Des informations de presse évoquant une délocalisation totale en Turquie avaient conduit le président de la République d'alors, Nicolas Sarkozy, à demander des explications au PDG de Renault Carlos Ghosn, mais ce dernier n'avait pris aucun engagement précis.

"La répartition dépend tout simplement des équipements et des versions (...) il y a certaines versions qui existent dans une usine, d'autres qui existent dans l'autre et puis il y a des versions communes", a déclaré le mois dernier le numéro deux de Renault, Carlos Tavares. "Donc c'est la demande qui va dicter la répartition entre les deux usines."

Le partage entre les deux sites dépendra aussi de l'accueil réservé à la voiture électrique Zoé, qui sera lancée à la fin de l'année à Flins sur la même ligne que la nouvelle Clio. Plus l'usine des Yvelines produira de voitures électriques, et plus la Turquie fabriquera de Clio 4. Renault estime que l'électrique

pourrait capter 10% du marché à l'horizon 2020, mais le démarrage de ce nouveau segment s'annonce beaucoup plus lent qu'initialement prévu.

Sur la base des chiffres 2011, l'actuelle Clio 3 en version berline classique pour l'Europe et le bassin méditerranéen est produite pour moitié à Flins, pour un tiers à Bursa tandis que le reste (17%) est localisé en Espagne. La Clio 4 - sans compter la version sport - sera produite uniquement sur les deux premiers sites.

En février, Renault Turquie avait annoncé que la nouvelle Clio représenterait au moins la moitié de la capacité annuelle de l'usine, soit un volume d'environ 180.000 unités. Mais la direction du site a refusé mercredi de confirmer ce chiffre au motif que la situation a changé depuis, sans préciser si ce changement avait trait au marché automobile européen en général, ou aux perspectives de Zoé en particulier.

Renault prévoit en 2012 une baisse de 11% environ du marché automobile français.

Les trois premières générations Clio s'étaient vendues en total cumulé à fin 2011 à quelque 11,5 millions d'exemplaires dans le monde. Si l'on ajoute les Renault 5 et Supercinq, auxquelles la Clio a succédé, on atteint un volume total supérieur à vingt millions, soit l'une des familles de voitures les plus vendues dans l'histoire de l'automobile.

Renault rêve de prolonger cette success story, comme Peugeot quelques mois plus tôt avec sa nouvelle 208. Mais les temps sont plus durs sur ce segment fort des constructeurs français, et les deux berlines se retrouvent aujourd'hui face à une trentaine de concurrents, un nombre qui double à chaque changement de génération.

Gilles Guillaume, avec Evren Ballim à Istambul, édité par Jean-Michel Bélot

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant