Renault croit dur comme fer en la ZOE

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Citadine zéro émission, la Renault ZOE contribue de fait à la réduction de la pollution atmosphérique
Citadine zéro émission, la Renault ZOE contribue de fait à la réduction de la pollution atmosphérique
Quatrième et dernier opus de la gamme électrique du constructeur français, cette citadine électrique a fait l'objet d'une communication savamment orchestrée.

C'est une stratégie d'autant plus audacieuse qu'elle se situe à rebours des prédictions de l'écrasante majorité des experts selon lesquels la technologie hybride séduira pour de longues années un nombre beaucoup plus important d'usagers de la route. Confrontée comme toutes ses rivales à la dégradation de la conjoncture économique, la marque au losange a cependant décidé sous l'impulsion de son charismatique PDG Carlos Ghosn de faire une croix sur les modèles alternatifs, faisant ainsi des voitures électriques la pierre angulaire de sa stratégie environnementale.

Un sacré pari pour Renault, qui ce faisant sait qu'il dépend au moins en partie de la (bonne) volonté des pouvoirs publics, lesquels comptent toutefois sur les modèles décarbonés pour contribuer à la relance de la filière automobile française et leur ont donné un joli coup de pouce en révisant à la hausse le dispositif de bonus-malus écologique. L'Etat a aussi accordé un soutien financier assez conséquent à la ZOE, quatrième et dernier opus de la gamme électrique à sortir des usines, mais premier modèle grand public « zéro émission » (« ZE ») de gaz à effet de serre du constructeur.

Présentée notamment lors du dernier Mondial de l'Automobile de Paris, cette citadine développée à Flins (Yvelines) sur la même ligne d'assemblage que la Clio est également, pour la petite histoire, la vedette automobile du film Un prince (presque) charmant, produit par un certain Luc Besson et projeté dans les salles depuis le 9 janvier dernier. « Rarement lancement de voiture aura été aussi anticipé. Sur Internet, on y travaille depuis deux ans et demi », résume Emmanuel Bouvier, directeur marketing des véhicules électriques chez Renault, interrogé par nos confrères du magazine Challenges.


Un prix de vente attractif

On ajoutera que tout a été fait, financièrement, logistiquement et en matière de communication, pour que la ZOE - proposée à partir de treize mille sept cents euros (déduction faite du bonus écologique), sans compter le forfait mensuel de soixante-dix-neuf euros pour la location de la batterie - fasse le buzz. Objet d'investissements considérables, elle pourrait s'écouler à hauteur de dizaines de milliers d'exemplaires chaque année si l'on en croit les estimations du constructeur, qui lui a consacré un budget de l'ordre de cinq cents millions d'euros comparable à celui d'une grande série « standard ».

Reste bien sûr à connaître l'accueil que nos concitoyens lui feront. Un succès pourrait doper la filière dans son ensemble. A l'inverse, il n'est pas exclu que des ventes en-deçà des espérances de Renault douchent l'enthousiasme des constructeurs dans leur ensemble.

Un sacré pari, redisons-le, dans un contexte d'érosion du pouvoir d'achat. Une proportion importante d'automobilistes doute par ailleurs des performances des voitures électriques, que ce soit en termes de vitesse ou d'endurance, même si plusieurs enquêtes d'opinion ont révélé qu'une majorité de nos compatriotes est désormais disposée à sauter le pas, considérant à la fois les prix élevés à la pompe et ? à un degré moindre - la nécessité de ne pas aggraver la pollution atmosphérique.

Qu'à cela ne tienne : si la concurrence table sur un marché de 3 % à l'horizon 2020, M. Ghosn, lui, est convaincu que les véhicules non-émetteurs de CO2 représenteront un dixième des immatriculations d'ici le début de la prochaine décennie. Rappelons en outre que Renault vise le leadership mondial dans un secteur dont il persiste à croire qu'il est porteur.

La marque au losange touchera-t-elle les dividendes de sa politique à hauts risques ? Les chiffres ne sont en tout cas guère de nature à la rassurer, quand bien même il ne lui a pas échappé que 80 % des automobilistes parcourent moins de soixante kilomètres par jour. A peine cinq mille six cent soixante-trois exemplaires de voitures électriques ont ainsi trouvé preneur l'an dernier dans l'Hexagone, c'est-à-dire 0,3 % du marché des particuliers, et le Vieux Continent abrite seulement vingt mille bornes de recharge, dont un nombre marginal dans les parkings des immeubles. Un autre élément de nature à dissuader les automobilistes.

Tel l'Etat, Renault ne peut pas tout. Il reste néanmoins au constructeur des arguments pour continuer de croire en sa bonne étoile. Et que ses choix singuliers, assortis d'une implication qui force le respect, s'avèreront les bons.

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