Renault convoque un conseil extraordinaire sur l'alliance

le , mis à jour à 17:40
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RENAULT CONVOQUE UN CONSEIL EXTRAORDINAIRE SUR SON ALLIANCE AVEC NISSAN
RENAULT CONVOQUE UN CONSEIL EXTRAORDINAIRE SUR SON ALLIANCE AVEC NISSAN

par Gilles Guillaume et Laurence Frost

PARIS (Reuters) - Renault a convoqué une réunion d'urgence de son conseil d'administration pour discuter de l'évolution future de son alliance avec Nissan, objet d'un bras de fer avec l'Etat français, a-t-on appris mardi de sources proches du gouvernement et de l'alliance Renault-Nissan.

Le conseil se réunira d'ici quelques jours, ont ajouté les sources, alors que le conflit qui oppose le PDG Carlos Ghosn et le ministre de l'Economie Emmanuel Macron s'est récemment durci, depuis la montée de l'Etat au capital de Renault en avril pour s'assurer les droits de vote doubles prévus par la loi Florange.

"On sait qu'un conseil d'administration est convoqué, (qui) n'était pas prévu", a dit une des sources, précisant que l'ordre du jour n'avait pas encore été communiqué.

Aucun commentaire n'a pu être obtenu dans l'immédiat auprès de Renault.

Des sources gouvernementales et proches des deux groupes ont indiqué la semaine dernière à Reuters que Nissan avait proposé de modifier les termes de son alliance en montant au capital de son partenaire français et en mettant ainsi fin à sa prépondérance héritée du montage de 2002.

Selon les sources, le groupe japonais jugeait nécessaire que son conseil d'administration adresse une demande en ce sens au conseil de Renault.

Le bras de fer avec l'Etat, principal actionnaire du groupe français, a conduit Emmanuel Macron à lancer une mise en garde à Carlos Ghosn, en déclarant au quotidien Les Echos de vendredi dernier que celui-ci était "PDG, pas actionnaire". Mais le ministre de l'Economie s'est également dit "prêt à avoir une discussion ouverte sur l'alliance" et favorable à une intégration plus forte.

Le Journal du Dimanche a rapporté dans la foulée que Bercy pourrait valider une fusion totale donnant naissance à une entité qui pourrait être basée aux Pays-Bas, à condition que l'Etat français reste un actionnaire clef et que la France conserve des centres de recherche et d'innovation.

Mardi, à l'ouverture des assises de l'Industrie organisées par l'Usine nouvelle, Emmanuel Macron a réfuté à nouveau toute déstabilisation de l'alliance par l'Etat et répété qu'il n'entendait pas être un actionnaire "au rabais".

"L'Etat doit être à tout le moins un actionnaire comme les autres", a-t-il dit. "Il est de long terme et pour moi, c'est ce qui le différencie, et il doit être stratégique. Mais l'Etat ne peut pas être un actionnaire au rabais et donc nous ne serons pas dans Renault un actionnaire au rabais."

Lundi, en marge de ses résultats trimestriels, Nissan s'est déclaré, pour la première fois publiquement, préoccupé par l'influence croissante du gouvernement français au sein de son partenaire.

(Avec Yann Le Guernigou, édité par Jean-Michel Bélot)

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  • Tinou23 le mardi 3 nov 2015 à 18:09

    L'état a raison de venir au capital face à ce patron voyou qui se croit tout permis car il a redressé deux boites en faillite, il veut quoi d autres qu on l'appelle Dieu ?

  • fernan.p le mardi 3 nov 2015 à 18:00

    Partout où passe l'Etat il y a des dégâts !

  • boudet le mardi 3 nov 2015 à 17:55

    Finalement, ce qu'aura gagné le gouvernement, c'est que Renault partira aux Pays Bas comme l'avait fait France télécom. Bravo, quelle réussite ! Mais on commence à être habitué avec ces amateurs!

  • Tinou23 le mardi 3 nov 2015 à 17:51

    Quel culot ce PDG s'est gavé et qui veut faire manger les japonais il faut qu'il dégage

  • doussine le mardi 3 nov 2015 à 17:50

    Ghosn est un peu l'erdogan ou le poutine de l'automobile, Il associe son entière personne à l'entreprise. Il est temps de passer à quelqu'un d'autre

  • opelin le mardi 3 nov 2015 à 17:44

    C'est le conseil d'administration qui désigne le PDG pas l'état français. Si Nissan reprend les rênes il récompensera Ghosn pour son excellente gestion. (du moins d'un point de vue purement comptable)

  • jean-648 le mardi 3 nov 2015 à 17:39

    Cela sent la sortie pour Ghosn. Il croyait pouvoir privatiser Renault et resté le présidant de l'alliance. Son salaire aurait été multiplié par 2. Alors qu'il a déja le salaire le plus élévé de France.

  • M3182284 le mardi 3 nov 2015 à 17:33

    Etat voyou qui vole les droits de vote en décrétant qu'il a droit de vote double. ça porte pas chance.