Renaud, le chanteur de la candeur enchantée

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Renaud en concert à Chalons en Champagne le 8 octobre 2010.
Renaud en concert à Chalons en Champagne le 8 octobre 2010.

Après dix ans de silence, l’interprète de « Mistral gagnant » se produit au Zenith de Paris jusqu’au 29 octobre.

Renaud est au Zénith. Pourquoi son récital rend-il si heureux ? Dix ans d’attente. Grande plongée dans les grands gouffres guettée par les gazettes. Et soudain, cette percée dans l’axe, une nuit de janvier 2016 – une simple chanson, Toujours debout, balancée sur la Toile, avec réponse immédiate des fans –, un album dans la foulée, un livre en style de vie, un tour de chauffe à Evry, en province, et hop, le Zénith. Là-haut.

Merci, Paris ! Aligner encore une douzaine des vingt-neuf « petites chansons », tranches de vie, instantanés de chaque existence suscitée par lui, Renaud, chanteur populaire. Et en final, un « pot-pourri plutôt pourri », en style de bouquet de feu d’artifice : Pierrot, Hexagone, Laisse Béton, Dans mon HLM, Miss Maggie, Mère à Titi, Fatigue… Les titres sonnent d’eux-mêmes, repris en chœur par 6 238 gosiers lyriques, dansants, sur tempo et tonalités grimpant comme des rosiers.

Bon, ça, c’est le métier, mettons. Plus l’orchestre, radieux. Mais pourquoi ce récital laisse-t-il heureux, apaisé, réconcilié, plein de vie ? Parce que Renaud aurait relevé je ne sais quel défi ? On n’en est pas là, tout de même…

Equilibre précaire Non : pour des raisons musicales, orchestrales, ventrales. Le plus dur, dans le métier d’artiste, ce n’est pas de faire face à un Zénith de plus de six mille places. Ni de ressusciter. Encore moins, de prouver. Le plus dur, c’est d’être soi. D’aller « a más », comme disent les Castillans. Le plus dur, c’est de marcher en équilibre précair...

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