Renaud, déchiré et déchirant

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Couverture du nouveau livre de Renaud, « Comme un enfant perdu ».
Couverture du nouveau livre de Renaud, « Comme un enfant perdu ».

Dans une autobiographie déjà best-seller, le chanteur auteur et compositeur, âgé de 64 ans, se confie sur sa famille, ses amours, ses chansons.

Renaud aurait-il dû mourir plus tôt ? La question se pose. La mort n’en a pas voulu. Nous non plus. Son autobiographie, « accompagnée pas à pas par Lionel Duroy », est déchirée, déchirante, précise, et surtout, d’un maintien sans éclat : ni de style ni de trouvaille.

Renaud s’allonge, date ses chansons, les situe, en dit le cadre et la fabrique. Il les cite. Là, on voit à l’œil nu s’opérer la transmutation. Comment on passe d’un récit plat et répétitif sur la fin, à ces petites fusées qui jaillissent. Renaud parle du dehors, de ses textes qui surgissent d’un trait, d’une expérience, chose vue, scène de rue, émotion. Il les note à la diable sur ce qui lui tombe sous la main : paquet de clopes, ronds à bière, étiquette de pinard.

Sa poésie, « une étincelle qui dure » (Apollinaire), le surprend à ce point qu’un instant, moqueur, il n’est pas loin d’évoquer quelque divinité qui la lui dicterait. Ce sera la moindre de ses contradictions. On ne saurait versifier, psalmodie un cheptel d’initiés (universitaires, académiciens, épiciers), en se chantonnant une petite mélodie. Méthode interdite. Manque de bol, le recueil Alcools fut entièrement composé de cette façon.

Le plus stupéfiant – on reviendra bientôt sur les alcools –, c’est que, connus ou pas (de moi), les textes des chansons de Renaud font monter des musiques aux yeux. Et bien entendu, des musiques de Renaud.

Buisson ardent de culpabilités « Je suis né dans une famille heureuse et dont j’ai longtemps ignoré les secrets....

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