Rémy Cointreau reste porté par la demande asiatique de cognac

le
0

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Porté par une demande de cognac qui ne faiblit pas dans les pays émergents, Rémy Cointreau a fait état jeudi d'une croissance organique toujours extrêmement robuste au deuxième trimestre de son exercice 2011-2011.

Le chiffre d'affaires du numéro deux français des spiritueux a atteint 276,3 millions d'euros, signant une croissance organique de 15,2% (après une envolée peu extrapolable de 22,5% au premier trimestre), alors que les analystes attendaient en moyenne un chiffre plutôt proche de 9%.

La croissance des ventes du cognac Rémy Martin, qui compte pour près de 60% du chiffre d'affaires du groupe, a encore surpris par son ampleur (+23% en données organiques), dopée par une demande asiatique où les qualités supérieures sont en forte progression.

Comme son concurrent Pernod Ricard, le groupe profite de sa stratégie de montée en gamme, avec un effet "mix" et prix supérieur à l'effet volume, de bon augure pour l'évolution de la marge brute.

Rémy Cointreau a précisé lors d'une conférence téléphonique qu'il ne décelait aucun signe de ralentissement du marché du cognac dans les pays émergents.

Evoque un environnement économique "incertain" en Europe, il ne fait pas de prévisions pour l'exercice en cours et affiche simplement sa "confiance dans sa capacité à améliorer ses résultats".

"Le groupe continue de surprendre par sa dynamique, son positionnement 'ultra premium' explique ce succès", commente Francis Prêtre, analyste de CM-CIC Securities.

Autre bonne nouvelle pour le propriétaire de Cointreau, son pôle liqueurs et spiritueux, très touché l'an dernier par la chute des ventes de son brandy grec Metaxa, affiche une progression de 5,6%, après avoir renoué avec la croissance au premier trimestre (+7,8%).

Malgré ces bons chiffres, le titre accuse une baisse en Bourse, cédant 3,7% à 56,91 euros vers 13h00, dans un marché en repli de 0,5%, tandis que Pernod Ricard grimpe de 1,9% après des chiffres eux aussi supérieurs aux attentes.

La valeur, qui signe une hausse de 7,4% depuis janvier, subit des prises de bénéfices au profit de son concurrent qui, lui, accuse une baisse de 6,5% sur la période.

Rémy Cointreau affiche les multiples de valorisation parmi les plus élevés du secteur, ressortant à près de 19 fois les bénéfices estimés pour 2012, contre 14 fois pour ses deux grands concurrents, Diageo, numéro un mondial et Pernod Ricard numéro deux.

Après une envolée de sa croissance organique au premier trimestre, Rémy Cointreau avait averti qu'il ne fallait pas extrapoler la performance des trois premiers mois sur l'ensemble de l'année et s'était voulu prudent face à un environnement européen "très instable".

Avec Noëlle Mennella, édité par Cyril Altmeyer

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant