Rémy Cointreau boucle un exercice record grâce au cognac

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Rémy Cointreau boucle un exercice record grâce au cognac
Rémy Cointreau boucle un exercice record grâce au cognac

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Rémy Cointreau, qui a signé des résultats annuels records grâce aux performances de son cognac haut de gamme, se veut confiant dans ses perspectives de croissance en Asie et aux Etats-Unis mais affiche sa prudence concernant l'Europe aux prises avec la crise de la dette.

Le numéro deux français des spiritueux derrière Pernod Ricard a vu son résultat opérationnel courant grimper de 24,4% pour atteindre 207,7 millions d'euros (le consensus Thomson Reuters I/B/E/S était de 201 millions) à l'issue de son exercice clos le 31 mars.

Cette performance s'explique très largement par les résultats du cognac Rémy Martin, dopés par des ventes de bouteilles haut de gamme particulièrement recherchées en Asie.

Récoltant les fruits d'une stratégie de repositionnement sur les qualités supérieures débutant à 120 euros la bouteille pour des variétés "XO" (extra-old) et pouvant dépasser les 2.000 euros pour les assemblages d'eaux de vie les plus anciennes (Louis XIII), le cognac a dégagé un résultat opérationnel en hausse de 23% à 173 millions d'euros et a amélioré sa marge à 29,2% (contre 28,9% un an auparavant) malgré des investissements publicitaires et marketing massifs (49,4 millions d'euros).

Le groupe a également profité du redressement des résultats de son pôle liqueurs et spiritueux (Cointreau, rhum Mount Gay ou brandy grec Metaxa), qui ont progressé de 23,5% (après une chute de 17,4% l'année précédente) pour attendre 52,6 millions et une marge opérationnelle de 24,4%.

Son directeur général, Jean-Marie Laborde, a dit ne percevoir "aucun signe de ralentissement" de la demande en Asie comme aux Etats-Unis et précisé, lors d'une conférence, que le groupe avait enregistré "une très forte croissance de ses affaires" au cours des deux premiers mois de l'exercice 2012-2013.

GESTION DES STOCKS

Il s'est cependant dit "vigilant" concernant l'Europe, "où la crise pourrait entraîner des difficultés dont nous ne mesurons pas aujourd'hui l'importance".

Malgré cela, "nous ne sommes pas inquiets", a-t-il ajouté, évoquant l'exposition du groupe aux marchés émergents et américain et précisant que l'Europe occidentale comptait pour 20% du chiffre d'affaires du groupe.

Il a aussi insisté sur la politique de constitution de stocks d'eaux de vies âgées, gage de pérennité pour la croissance à long terme du producteur de cognac.

Alors que la croissance moyenne annuelle des ventes en volume ne peut guère excéder 4% à 6% sur le long terme, le levier pour Rémy Cointreau consiste à vendre des bouteilles de plus en plus chères d'assemblages anciens. Cette stratégie devrait permettre, selon le directeur général, d'assurer au cognac une très solide croissance à deux chiffres sur le long terme.

Rémy Cointreau revendique des stocks d'eaux de vies plus âgées que ceux de ses grands concurrents Hennessy (groupe LVMH), numéro un mondial du cognac en volumes vendus, et Martell (groupe Pernod Ricard).

Comme il y a un an, Jean-Marie Laborde a réaffirmé que Rémy Cointreau restait à l'affût d'une acquisition, dont une partie pourrait être financée par échange de titres, et indiqué pouvoir y consacrer entre 800 millions et 1,0 milliard d'euros.

Grâce à la vente de ses champagnes Piper-Heidsieck et Charles Heidsieck au groupe familial EPI (Bonpoint, Weston, Michel Perry) pour une valeur d'entreprise de 412 millions d'euros, l'endettement net a reculé de 43% sur un an pour toucher un plus bas historique de 188,6 millions d'euros.

Le résultat net ressort à 110,8 millions, en progression de 15,3% hors éléments exceptionnels (charge sur le brandy grec Metaxa).

DIVIDENDE EXCEPTIONNEL

Choyant ses actionnaires, Rémy proposera, comme l'an dernier, le versement d'un dividende exceptionnel d'un euro et un dividende ordinaire de 1,30 euro.

En Bourse, le titre avance de 0,6% à 81,86 euros vers 13h25, dans un marché en hausse de 0,4%. Depuis le début de l'année, il signe une progression de 31%, loin devant ses concurrents Diageo et Pernod qui prennent 13% et 10% respectivement.

Rémy Cointreau affiche les multiples de valorisation parmi les plus élevés du secteur. Plus proches de ceux du luxe que des vins et spiritueux, ils ressortent à plus de 30 fois les bénéfices estimés pour 2012, contre plus de 17 fois pour ses deux grands concurrents.

Edité par Marc Angrand

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