Remontée des taux : « un facteur de soutien majeur qui disparaît » (H2O Asset Management)

le , mis à jour à 17:40
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Pour H2O AM, la volatilité va redevenir plus élevée sur les marchés avec la remontée progressive des taux de la Fed.
Pour H2O AM, la volatilité va redevenir plus élevée sur les marchés avec la remontée progressive des taux de la Fed.

Pour H2O Asset Management, l’imminente remontée des taux de la Fed va marquer la fin de la politique monétaire ultra-accommodante qui a permis aux marchés boursiers de progresser régulièrement depuis la crise de 2008-2009.

La Fed va entrer dans une phase de « normalisation » de ses taux d’intérêt, après avoir appliqué trois plans successifs de « quantitative easing » entre 2008 et 2014, et laissé ses taux proches de 0% pendant sept ans. Ceux-ci vont désormais commencer à remonter progressivement, et même si cette remontée sera sans doute très lente, elle marquera tout de même progressivement la fin de « l’argent facile » qui a soutenu les marchés boursiers au cours des dernières années.

Perfusions débranchées

Les grandes places financières mondiales ont connu un long cycle haussier au cours des six dernières années.  Or, « le seul précédent historique [d’un tel cycle haussier] se situe entre 1995 et 2000 », relève H2O AM. « On doit donc s’interroger sur la suite ».

Avec le retrait progressif du soutien de la Fed, « le marché va désormais devenir plus volatil » poursuit la société de gestion. Cela ne veut pas dire que les marchés vont chuter dans les mois et années à venir, mais que les longues périodes de hausse paisible, connues au cours des dernières années, devraient désormais être moins linéaires.

Cette volatilité proviendrait d’une forme de « retour à la réalité » des investisseurs, alors que « la politique de taux nuls et les injections de liquidités ont progressivement entraîné un désintérêt des investisseurs pour les critères de valorisation et de fondamentaux macroéconomiques », affirme H2O AM.

Eviter absolument la Chine et les émergents

Revenant également sur le très actuel sujet des difficultés des pays émergents (Chine, Russie, Brésil…), la société de gestion affiche sa méfiance.

Après les soubresauts de la bourse chinoise, H2O AM affirme qu’« il n’y a pas de raison de revenir sur les émergents. Les investisseurs qui sortent actuellement de ces pays sont de grands fonds ou de grands investisseurs qui étaient investis là-bas depuis plusieurs années. C’est une lame de fond contre laquelle il ne faut pas chercher à lutter. Il ne faut pas jouer au trader pour essayer de jouer un rebond ».

Par ailleurs, le resserrement des taux américains pourrait également pénaliser indirectement les pays émergents. Ces derniers pourraient subir des retraits de capitaux, les investisseurs préférant éventuellement les rapatrier ou les réinvestir dans des régions plus « sûres ».

Plusieurs points positifs malgré tout

Tout n’est pas noir pour autant, loin de là. Plusieurs points positifs sont à souligner dans la situation actuelle, insiste H2O AM.

En premier lieu, certaines économies ont encore beaucoup à gagner de l’actuel contre-choc pétrolier. Dans les pays importateurs, « l’impact positif pour les consommateurs est devant nous » estime la société de gestion, qui explique que les impacts positifs de la baisse des prix de l’énergie se verront « à l’échelle de plusieurs trimestres ».

La société de gestion note également une accélération de la croissance américaine au second trimestre, et un maintien de la croissance mondiale à un rythme qui restera élevé cette année, malgré les interrogations sur les grands émergents.

Enfin, les actions européennes « affichent des valorisations de nouveau attractives » suite à la correction de l’été. Les actions européennes profiteraient par ailleurs d’un report des flux de capitaux provenant de l’étranger, susceptible de pousser leur prix à la hausse. Les grands investisseurs ont en effet tendance à se retirer des pays émergents, et préféreraient revenir sur des valeurs sûres, notamment européennes, moins chères que leurs homologues américaines. Sans parler de la politique monétaire toujours très accommodante en Europe, avec un « quantitative easing » qui pourrait même encore s’accélérer, à l’inverse des Etats-Unis.

Pour H2O AM, il n’est pas trop tard pour surfer sur cette tendance qui devrait se poursuivre. La société remarque à ce sujet que suite à la précédente "crise des émergents" (Asie et Russie en 1997-1998), les indices occidentaux avaient continué de bien performer pendant plusieurs mois.

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • M4358281 le vendredi 18 sept 2015 à 09:41

    Et alors H20 ..que dis tu aujourd'hui ?

  • y.batard le jeudi 17 sept 2015 à 17:25

    ce ne sont pas les chiffres des activités économiques réelles qui peuvent engendrer une hausse ? uniquement une politique accommodante ? cela confirme donc la superficialité des valorisations

  • brinon1 le jeudi 17 sept 2015 à 17:22

    enfin une analyse de qualité sur les interview de bourso sur les société de gestion. Ladite société parle du fond et explicite, la grande majorité s'en tenant à des lieux communs souvent affligeant.