Relaxviews : Carlo Petrini, "de nombreux peuples ont souvent intégré les insectes à leur alimentation"

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Carlo Petrini, Président de "Slow Food" AFP PHOTO/ Tiziana Fabi
Carlo Petrini, Président de "Slow Food" AFP PHOTO/ Tiziana Fabi

(Relaxnews) - Dans une série exclusive pour Relaxnews, Carlo Petrini, l'initiateur du mouvement "slow food" dévoile chaque mois son point de vue sur notre alimentation. À l'heure où la consommation excessive de viandes fait débat, Carlo prône les bienfaits d'autres types de nourriture comme les insectes. En plein boom, l'entomophagie allie préservation de la biodiversité et atouts pour la santé.

La FAO a récemment envoyé un message au monde : n'oubliez pas qu'il existe des sources de protéines alternatives et que les fourmis, les sauterelles et les vers peuvent être élevés facilement, sans endommager l'environnement.

L'agence mondiale des Nations Unies souhaite mettre l'accent sur le fait que la planète ne peut plus supporter la production intensive de viande à son rythme actuel, et qu'il existe un moyen moins dévastateur de produire de la nourriture.

Du reste, tout n'est qu'une question de culture : les cultures traditionnelles de nombreux peuples ont souvent intégré les insectes à leur alimentation. En France et en Italie, on mange avec plaisir des grenouilles et des escargots, au Mexique, les larves de fourmis et de sauterelles sont considérées comme un mets de choix, tout comme en Afrique ou en Extrême-Orient les femmes s'en vont à la recherche d'insectes qu'elles intègreront à leur régime alimentaire.

La déclaration quelque peu provocatrice de la FAO attire l'attention sur deux éléments importants : la durabilité et le respect de la diversité. C'est sous la direction de Graziano Da Silva que la politique de cet organisme majeur a réévalué dans une vaste mesure le rôle de l'agriculture familiale ou de petite échelle pour garantir la sécurité alimentaire d'une grande partie de la population mondiale.

Il aura fallu prendre en considération les limites d'un système basé sur les monocultures et sur l'accroissement de denrées alimentaires considérées comme de simples matières premières, dont le prix est décidé par les marchés financiers de quelques métropoles du globe.

Cette nouvelle ligne de travail a aussi pris forme dans l'accord de collaboration récemment signé, sur la base duquel la FAO s'engage à faciliter le travail de Slow Food dans les pays en développement, pour améliorer les conditions de vie des communautés rurales.

Les projets mettront l'accent sur la valeur des produits locaux et des variétés de céréales sous-utilisées, en promouvant en même temps l'accès aux marchés pour les petits producteurs, la réduction du gaspillage alimentaire, l'amélioration du bien-être animal, la sauvegarde et la valorisation de la biodiversité. Et l'accent mis justement sur ce dernier élément constitue une nouveauté significative.

Depuis la nuit des temps, tout a un début et une fin, et de nombreuses espèces se sont éteintes à chaque grande période de l'histoire du monde. Mais ces dernières années, ce processus s'est accéléré à une vitesse terrifiante, à cause de l'impact des activités humaines.

On estime que 75% des variétés végétales cultivées autrefois ont disparu à jamais et parmi les variétés restantes, 60% sont aujourd'hui des hybrides brevetés par des multinationales.

Mais avec la FAO, nous défendons aussi la biodiversité parce qu'elle constitue une expression de l'économie des territoires, des petites productions qui nourrissent les populations depuis des siècles.

Derrière les produits à protéger se trouvent des communautés paysannes, des villages et la structure sociale d'un monde qui ne doit pas disparaître.

cp/vs/ls

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