«Réinventer Paris» : la ville de Paris accusée de «cynisme»

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Les 22 projets lauréats qui vont «Réinventer Paris» ont été dévoilés. Problème : parmi toutes les équipes qui ont travaillé, des milliersde personnes n’ont pas été payées.

La Ville de Paris a fait preuve de «cynisme» en n’imposant pas de règles lors de son appel à projets innovants «Réinventer Paris» dans le cadre duquel «la plupart des équipes» ont travaillé sans être rémunérées, accuse la présidente du Conseil national de l’ordre des architectes (Cnoa). 22 projets d’architecture ont été retenus début février par la mairie de Paris pour Réinventer Paris, un appel à projets urbains innovants lancé par l’édile Anne Hidalgo. Or «la plupart des équipes, il faut le rappeler, n’ont pas été payées! Des milliers de gens ont travaillé pour rien», s’émeut Catherine Jacquot dans un entretien à l’hebdomadaire Télérama.

Selon la présidente du Cnoa, la municipalité parisienne qui «mène depuis longtemps une vraie politique qualitative en matière architecturale et urbaine, donne l’impression soudaine d’oublier tous ses principes vertueux au profit d’une vaste opération de communication». D’ordinaire, dans le cadre d’un concours d’architecture, «les équipes finalistes sont payées à hauteur de 80% de la mission réalisée», dit-elle. Mais les 75 finalistes de «Réinventer Paris» ont produit «l’équivalent d’un avant-projet détaillé, sans aucune garantie de toucher quoi que ce soit». Ceux qui n’ont pas été choisis «n’ont plus que leurs yeux pour pleurer».

Les règles étaient pourtant «connues» dès le début

La ville aurait pu «imposer un cahier des charges qui crée des règles et prévoit au moins des défraiements», ou «indemniser elle-même tout ce travail, car elle fait quand même à l’arrivée une très bonne affaire, de l’ordre de 560 millions d’euros!», dit Mme Jacquot. La présidente du Cnoa redoute de voir d’autres grandes métropoles emboîter le pas à la capitale, alors qu’une nouvelle opération de ce type, «Réinventer la Seine», est déjà programmée, associant Paris, Rouen et Le Havre, pour réaménager les berges du fleuve. «Je le vois d’ici: des centaines d’équipes vont se précipiter dans l’arène et s’y épuiser», prédit-elle.

Du côté de la Ville de Paris, on fait valoir que «les règles de Réinventer Paris, étaient connues de tous dès le départ et (qu’)il est évident que les candidats se sont engagés en connaissance de cause». Dans ce nouveau format d’appel à projets qui a permis de «libérer les énergies», estime la municipalité, «les équipes se sont construites librement, les modalités de rémunération se sont organisées librement». «Les architectes ont eu la possibilité, dans le dialogue qu’ils ont eu avec les promoteurs, de définir avec eux les modalités de leur participation et de leur rémunération», a affirmé un porte-parole à l’AFP.

La Ville de Paris estime en outre avoir donné une «visibilité inédite» aux 358 projets qui ont concouru et sont exposés au pavillon de l’Arsenal jusqu’au 8 mai. Certains d’entre eux pourraient être réutilisés dans le cadre de «Réinventer la Seine» ou de la deuxième édition de «Réinventer Paris», en 2017, selon la municipalité.

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  • dotcom1 il y a 10 mois

    On ne se réinvente pas.