Reims : Deux ans de galères et une relégation logique

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Revenu de loin la saison passée pour finalement sauver sa peau en L1, Reims n’a pas réussi son opération maintien cette fois-ci. La suite logique pour un club qui ne progressait plus depuis deux ans et qui devra relancer une dynamique à l’échelon inférieur.

Un miracle n’aura pas succédé à un autre. Déjà au bord du précipice la saison dernière, avec un maintien assuré lors de la 37eme journée, le Stade de Reims évoluera en L2 en août prochain. Les mêmes causes ont produit les mêmes effets un an plus tard, sauf que l’issue n’a pas tourné en faveur des Rémois. Rien de plus logique pour le club champenois, incapable de progresser depuis quatre ans et son retour dans l’élite du football français. Le début de saison avait pourtant charrié son lot de promesses. Sur la lancée d’un exercice 2014-15 bouclé en boulet de canon, sous l’impulsion notamment d’Olivier Guégan sur le banc, les Rémois étaient repartis sur le même tempo. Ils étaient quatrièmes du classement après huit journées, avec quinze points et seulement une défaite au compteur. Ils avaient même failli devenir fin septembre les premiers à battre le PSG en championnat depuis mars mais Edinson Cavani avait répondu dans la minute à l’ouverture du score de Jordan Siebatcheu (1-1) et sorti les Champenois du rêve qu’ils vivaient alors.

De Préville, le cache-misère de Reims

Trompe-l’œil ou pas, ce départ n’a pas trouvé de prolongement par la suite. Les Rémois, portés par un Nicolas De Préville qui a longtemps caché la misère (six buts, neuf passes décisives), ont vécu des séries catastrophiques. Comme les six défaites de rang concédées entre début octobre et fin novembre ou les quatre de suite avant leur victoire finale contre Lyon (4-1), qui les ont plongés dans la zone rouge au plus mauvais moment, c’est-à-dire en plein sprint final. Ils n’ont même pas pu compter sur les coupes pour s’aérer l’esprit et relancer une bonne dynamique puisqu’ils ont été éliminés dès leur entrée en lice dans les deux par des clubs de division inférieure (Dijon en Coupe de la Ligue et Chambly en Coupe de France). Les hommes du président Jean-Pierre Caillot ont eu beau connaître des sursauts qui leur ont permis de faire illusion, comme avec ces trois victoires sur cinq matchs en février, ils ont fait preuve de trop d’irrégularité sur l’ensemble de la saison pour mériter mieux. Et ce même s’ils n’auront été relégables que quatre fois sur trente-huit journées.

Charbonnier : « Les moments durs restent gravés »

Les Rémois payent ainsi une stratégie pas forcément lisible. L’équipe dirigeante a multiplié ces dernières années les coups de recrutement, sans toujours viser juste. Au Mercato hivernal encore, ils ont rapatrié Lass Bangoura et Thievy Bifouma d’Espagne, avec un succès tout relatif. Même flou sur le banc, où la confiance avait été maintenue à Guégan avant qu’il ne soit finalement limogé à trois journées de l’épilogue dans l’espoir de créer un électrochoc qui avait produit ses effets à la même époque l’année passée. Mais David Guion n’a pas métamorphosé son équipe, ni bouleversé les méthodes de travail, même si la victoire éclatante face à l’OL ce samedi aurait tendance à prouver le contraire. Elle est finalement le symbole de l’immense gâchis que représente Reims, capable du meilleur comme du pire depuis quatre ans. Une instabilité qui aura fini par coûter à ce club, à l’histoire riche de six titres de champion de France acquis après la deuxième Guerre mondiale, sa place dans l’élite. « Comme les exploits, les moments durs restent gravés, a soufflé Gaëtan Charbonnier au micro de Canal+ après la rencontre. Si ça peut faire grandir les joueurs et le club pour remonter de suite, ce serait bien. » Une condition essentielle pour revenir à terme en L1 et s’y installer. Pour de bon cette fois-ci.
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