Regrets à l'OMC après l'échec de l'accord de Bali

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(Actualisé avec réaction américaine) SYDNEY/GENEVE, 1er août (Reuters) - Plusieurs pays membres de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) ont exprimé leurs regrets vendredi au lendemain de l'échec de l'adoption d'un accord sur le commerce mondial en raison des exigences de l'Inde. Les ministres de l'OMC avaient jusqu'au 31 juillet pour adopter ce texte scellé le 7 décembre dernier à Bali et présenté comme le premier grand accord commercial multilatéral conclu par l'OMC. "Nous n'avons pas été capables de trouver une solution qui nous permette de combler ce désaccord", a regretté le directeur général de l'OMC, le Brésilien Roberto Azevedo, à Genève, deux heures avant l'expiration de la date butoir à minuit (22h00 GMT jeudi). La plupart des diplomates s'attendaient à ce que le pacte soit entériné sans accroc au cours de la semaine, marquant le seul succès de l'OMC en 19 ans d'existence, depuis sa création en janvier 1995. Ils ont déploré que l'Inde ait opposé son veto - les décisions doivent être prises par consensus - à la dernière minute. New Delhi insistait pour qu'en échange de sa signature de l'accord de "facilitation" censé standardiser et simplifier les procédures douanières, des progrès soient enregistrés sur un autre pacte lui donnant plus de liberté pour subventionner les céréales. Le nouveau gouvernement nationaliste indien, en place depuis mai dernier, réclame la conclusion d'un accord permanent sur les subventions alimentaires en même temps que l'accord de facilitation, alors que Bali prévoyait au départ une possibilité de conclure en quatre ans, jusqu'en 2017. En visite en Inde, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a fait part de ses regrets lors d'une entrevue avec le Premier ministre Narendra Modi. "Le refus de signer l'Accord de facilitation du commerce envoie un signal troublant et nuit à l'image même que le Premier ministre Modi tente de donner de l'Inde", a dit un responsable du département d'Etat rendant compte de la rencontre entre les deux hommes. En Australie, le ministre du Commerce, Andrew Robb, a fait part de la "profonde déception" de son pays. L'accord de Bali devait permettre à l'OMC de conclure sur une note positive le cycle de négociations dit de Doha, entamé en 2011. (voir ID:nL5N0JM017 ) "Certains y voient le coup de grâce pour Doha et poussent en faveur d'une réforme plurilatérale, qui laissera sur le côté ceux qui ne veulent pas suivre", a déclaré un responsable australien ayant participé aux discussions. "Je suis d'accord avec le directeur général pour dire que cette action a placé l'OMC dans une situation très incertaine", a déclaré le représentant des Etats-Unis à l'OMC, Michael Punke. (Matt Siegel et Tom Miles avec David Brunnstrom à New Delhi; Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André pour le service français)

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