Régions et automobile, priorités d'Arnaud Montebourg

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Régions et automobile, priorités d'Arnaud Montebourg
Régions et automobile, priorités d'Arnaud Montebourg

par Matthias Blamont et Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - Réengager le dialogue régions-entreprises et épauler une filière automobile confrontée à un marché amorphe en Europe sont les deux priorités retenues par Arnaud Montebourg, qui entend présenter rapidement un plan de reconquête industrielle.

Le ministre du Redressement productif, qui s'exprimait formellement mercredi pour la première fois devant les journalistes depuis son arrivée au ministère de l'Economie, a tenu à montrer qu'il entendait "parer à la situation d'urgence économique dans laquelle se trouve le pays et l'Europe."

"Sept pays de la zone euro sur 17 sont actuellement en récession. Nous-mêmes sommes dans une situation légèrement positive mais nous ressentons dans le tissu productif les difficultés qui apparaissent", a-t-il dit alors que certains sites industriels, comme celui du groupe de technologie Technicolor à Angers (Maine-et-Loire), menacent de fermer leurs portes.

"Les défaillances (d'entreprises) sont à un niveau plus élevé que pendant la crise", a ajouté le ministre.

"Le tissu productif a été très abîmé: 900 usines ont fermé en trois ans, nous sommes, sur 10 ans, à 750.000 emplois industriels détruits. Il est intéressant de signaler que la part de la richesse industrielle créée par notre pays sur la richesse totale est passée de 25% à 13-14%."

Arnaud Montebourg s'est engagé à présenter un plan de reconquête industrielle "dans les semaines à venir".

Le ministre a annoncé sans attendre son intention de nommer d'ici à la fin de la semaine 22 "délégués" en régions pour travailler aux côtés des petites entreprises, comme le fait actuellement le Comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI) pour les entreprises de plus de 400 salariés.

"Nous allons désigner avec les préfets ces délégués chargés du redressement productif", a-t-il dit avant de préciser que ces fonctionnaires remplaceraient les anciens commissaires à la réindustrialisation qui "ont disparu des écrans radar".

"Notre choix est de mettre tout le monde autour de la table et de faire du savoir-faire de nos entreprises, de notre outil industriel, notre priorité", a-t-il expliqué.

"Il s'agit, dans nos territoires où il y a des pépites, de les protéger, c'est le sens de l'action de ces délégués."

A charge pour ces représentants de l'Etat d'animer des cellules de veille et d'alerte précoce pour identifier et prévenir les difficultés des entreprises.

Lorsque le besoin s'en fera sentir, il leur sera demandé de proposer des solutions pour les sociétés en difficulté en concertation avec les actionnaires, les banques, les créanciers, les clients et, dans certains cas, la Banque de France.

SIGNAL À RENAULT

Arnaud Montebourg a également indiqué que ses équipes réfléchissaient à une possible réactivation des aides publiques au secteur automobile, lequel affronte en France et en Europe, un contexte commercial morose.

"Nous avons mis à l'étude cette proposition, cette demande, le secteur automobile fait l'objet aujourd'hui d'une instruction particulière ici au ministère", a-t-il dit, sans préciser si le gouvernement se préparait à relancer un dispositif de "prime à la casse."

La plupart des grands pays industrialisés ont mis en place ce type de mécanismes pour protéger l'activité de leurs constructeurs après la chute des ventes constatée à partir de la fin de 2008. En France, cette aide a disparu fin 2010.

Carlos Tavares, le directeur général délégué de Renault, entreprise contrôlée à 15% par l'Etat, a clairement appelé le gouvernement mardi à oeuvrer en ce sens.

"Toute sorte de mesure de soutien, dès l'instant qu'elle booste la demande, est bonne à prendre", a dit le dirigeant. "Que ce soit l'angle environnement ou l'angle renouvellement du parc, dans tous les cas on est parfaitement ouvert et favorable."

Carlos Ghosn, le PDG de Renault et de Nissan Motor, anticipe pour sa part "trois à quatre années de plus de stagnation" dans le secteur automobile européen.

avec Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse

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  • v.mart10 le mercredi 13 juin 2012 à 15:58

    Arnaud Montebourg, "La voix de son maître", Moi-Président Normal, Moi-Président Ordinaire, Moi-Président Médiocre, Moi-Président Ridicule

  • Georg47 le mercredi 13 juin 2012 à 15:44

    Il est Montebourg, jamais il ne dit "je vais faire" " je vais décider" etc...non, il renvoie aux autres comme ça si c'est un échec ce ne sera pas sa faute.Il ne se met jamais en avant, ne prend aucun risque.Du vent....l'éolienne socialiste en splendeur

  • M6437502 le mercredi 13 juin 2012 à 15:34

    Et faire en sorte que ,si aide il y a,elle le soit au profit des voiture fabriquée en France.Et Arnaud Montebourg ferait bien de se pencher sur le fait que de nombreux français préfère acheter étranger parce que "c'est meilleur".une bonne communication pour éclairer les acheteurs pourrait les faire evoluer.