Régionales-Valls n'écarte "aucune hypothèse" face au FN

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* Valls évoque une coalition droite-gauche contre le FN * Il estime qu'il faut "tout faire" pour éviter un "drame" * Il provoque la colère de son camp et le refus de l'opposition (Actualisé avec citations, réactions) PARIS, 12 novembre (Reuters) - Manuel Valls a défendu jeudi, malgré la réprobation générale, l'hypothèse d'une coalition droite-gauche au second tour des régionales pour faire barrage au Front national, en soulignant que l'écarter était "mentir" aux Français. A moins de trois semaines du scrutin, le Premier ministre a provoqué la colère de son camp en allant au-delà de la doctrine de plus en plus contestée du "front républicain" - désistement en faveur du candidat le mieux placé au second tour face au FN - : la fusion des listes de la droite républicaine et de la gauche dans l'entre-deux-tours pour contrer l'extrême droite. Déterminé à mener "une campagne vigoureuse" contre le FN, dont une ou plusieurs victoires le 13 décembre seraient selon lui "un drame", le chef du gouvernement prône de "tout faire". Il met ainsi au pied du mur le parti de Nicolas Sarkozy, avocat depuis 2011 du "ni ni" (ni PS ni FN en cas de duel au second tour entre les deux formations) et l'UDI, mais aussi une majorité qui part divisée au combat. "Il y en a assez (...) d'une forme de cynisme, d'hypocrisie, comme si cette question ne se posait pas. Elle se posera le soir du premier tour pour chacun", a-t-il plaidé jeudi sur LCP. "Le soir du premier tour, il ne faudra écarter aucune hypothèse et tout faire pour empêcher le Front national de gagner une région. Nous verrons dans quelles conditions, en fonction du résultat. C'est tout simplement ce que j'ai voulu dire, n'écarter aucune hypothèse", a-t-il poursuivi. "Ceux qui écartent aujourd'hui une hypothèse mentent aux Français", a-t-il lancé, visant autant son camp que l'opposition. L'idée d'une fusion des listes, émise mardi auprès d'éditorialistes, a été plus que mal accueillie par le chef de file socialiste en Nord-Pas-de-Calais-Picardie, où les listes conduites par Marine Le Pen sont données en tête au premier tour dans plusieurs sondages. MARINE LE PEN FUSTIGE LE "PARTI UNIQUE" Pierre de Saintignon a demandé jeudi que cessent "ces petites phrases qui jettent le trouble et qui nuisent à notre campagne." "Vous verrez qu'au soir du premier tour, nous serons haut (...), nous serons en mesure de rassembler toute la gauche pour gagner au deuxième tour et continuer d'animer cette région", a-t-il dit à la presse. Sandrine Rousseau, candidate d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) dans la région, a dénoncé pour sa part sur BFM TV de la pure "tactique politique" qui, selon elle, "détourne les électeurs du scrutin." Le premier secrétaire du PS, qui estime comme plusieurs ministres au sein du gouvernement qu'il convient en bonne tactique électorale de se concentrer sur le premier tour, a exhorté jeudi "tous les socialistes" à "la cohérence". "Je n'ai pas l'habitude de mettre mon caleçon après mon pantalon. Il faut faire les choses dans l'ordre. Il y a un premier tour et un deuxième tour", a commenté Jean-Christophe Cambadélis. "Je ne me mets pas dans la situation où Marine Le Pen aurait gagné les élections régionales. Je ne suis pas un défaitiste, je suis un combattant", a souligné le dirigeant socialiste. La maire de Lille Martine Aubry, proche de Pierre de Saintignon, s'est insurgée sur Europe 1 : "On voudrait faire gagner le FN qu'on ne s'y prendrait pas autrement." La proposition ne fait pas recette non plus dans les rangs des Républicains et des centristes. "Evidemment que nous disons non à toute fusion. (...) Même pas en rêve", a dit jeudi Gérald Darmanin (LR), numéro deux de la liste de Xavier Bertrand dans le Nord, sur RMC Info. "Je vois bien que M. Valls ne sait plus très bien comment habiller la future défaite de son candidat", a-t-il dit. Seule Marine Le Pen, chef de file FN dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie, s'est réjouie jeudi d'une "clarification". "J'ai confiance dans les Français pour sanctionner ce qui est en réalité un parti unique qui les a pillés, les a jetés dans la misère, le chômage, l'insécurité. En décembre, ce sera les patriotes d'un côté contre l'UMPS décomplexée", a-t-elle déclaré sur France Bleu Nord. (Sophie Louet avec Gregory Blachier et Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse)

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  • delapor4 le jeudi 12 nov 2015 à 18:39

    D'ailleurs, U M P S signifie "Une mosquée par semaine".

  • delapor4 le jeudi 12 nov 2015 à 18:37

    Où est le problème? Ils sont au moins d'accord sur une chose : la destruction de la France.

  • am013 le jeudi 12 nov 2015 à 18:04

    Et ca se dit en démocratie ? Allez on est deja tous convaincus....que cest de la magouille politicienne et que vous pensez que nous soyons vos moutons

  • jack205 le jeudi 12 nov 2015 à 18:02

    Mais oû sont les "républicains" ?